Dans ma maison vous viendrez d'ailleurs ce n'est pas ma maison, je ne sais pas à qui elle est, je suis entrée comme ça un jour il n'y avait personne (J.Prévert)

31 juillet 2011

Wired (itv, 2008)


  • Réalisateur : Kenneth Glenaan
  • Genre : policier
  • Année : 2008
  • 3 épisodes (45 mn)
L'histoire
Londres. Louise Evans (Jodie Whittaker), une jeune mère célibataire travaille dans une banque. Son patron lui offre une promotion, et le soir même, elle sort fêter l'évènement avec sa bonne copine Anna (Charlie Brooks). C'est le début des problèmes : Anna lui présente son petit ami, Phillip Manningham (Laurence Fox), un petit truant gérant de bar à la mode qui veut se servir d'elle pour préparer une grosse arnaque financière. Louise refuse mais elle est vite forcée de céder, espérant épargner la vie de sa petite fille. La police la surveille, en particulier Crawford Hill (Toby Stephens) rencontré par hasard, mais qui va à plusieurs reprise la sauver.


Développement
Pas mal du tout cette petite série policière dans le monde des finances, un peu difficile à suivre en VO malgré tout, mais dans l'ensemble, l'effet suspens est bien mené, et les acteurs sont très bons dans leur rôle, tour à tour battants ou dépassés par les évènements, ou bien manipulés-manipulateurs.
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28 juillet 2011

Nord et Sud - Elizabeth GASKELL



Le sujet
Angleterre, milieu du XIXème siècle. Margaret Hale, une jeune femme de 18 ans élévée à Londres en compagnie de sa cousine qui est de son âge dans la riche famille de sa tante voit sa vie bouleversée lorsqu'après le mariage de sa cousine, elle rejoint ses parents dans un charmant petit village du Hampshire (sud). Le séjour est de courte durée car le père décide d'emmener sa famille vers le nord, dans une ville industrielle où ils découvrent les dures conditions de vie des ouvriers, peu instruits, et assez résignés de leur sort. La beauté, l'élégance de Margaret charment John Thornton, propriétaire trentenaire d'une filature de coton, mais la jeune femme ne partage pas ses sentiments ; John devient néanmoins le seul ami du père de la jeune fille dans cette ville où ils ne connaissent personne. Tandis que la jeune femme affronte sur plusieurs mois la disparition de ses proches, elle va finir par découvrir la loyauté de Thornton, et répondre à l'amour qu'il lui porte.
   
Le verbe
"Maman, dit-il en interrompant sa marche et en osant parler franchement, je souhaiterais que vous aimiez Miss Hale.
- Pourquoi ?" demanda-t-elle, surprise par son ton sérieux et cependant affectueux. "Tu ne songes pas à l'épouser ? Une fille sans le sou !
- Elle ne voudrait pas de moi, rétorqua-t-il avec un rire bref.
- Je ne crois pas, en effet, répondit sa mère. (p 227)

Mon complément
C'est après avoir vu la série de même nom (BBC 2004) que j'ai eu très envie de lire le roman : la série était très bien mais le roman est encore mieux ! et cent fois plus intéressant et enrichissant car nous avons tout loisir de pénétrer dans les esprits des uns et des autres alors que la série ne s'attachait qu'à quelques personnages et quelques facettes du kaléidoscope social si bien traduit par l'auteur.
Lorsque celle-ci s'approcha, il se trouva debout sur le seuil près de Margaret. Il était impossible que le souvenir du jour de l'émeute ne s'imposât à leur esprit. Dans celui de Mr Northon, il était associé aux propos que lui avait tenu Margaret le lendemain, à l'ardeur avec laquelle elle avait affirmé qu'à ses yeux, il n'y avait pas un homme dans cette foule violente et aux abois qui ne fût à ses yeux aussi important que lui. Au souvenir des paroles méprisantes de Margaret, le front de Mr Thornton s'assombrit, malgré l'amour éperdu qui lui faisait battre le coeur. (p 572)
Un style qui allie sincérité des sentiments et descriptions détaillés des rapports sociaux entre patronat et prolétariat, un style un rien complexe tout de même, car nous sommes loin de la banale histoire d'amour entre deux êtres d'origines et de niveaux différents, mais que cela fait du bien !

Un livre que je n'ai pas pu lâcher en 2 jours, je le recommande.

J'ai bien aimé que l'auteur, contemporaine et amie de Charlotte Brontë, glisse (j'ignore si c'est volontaire mais j'ai trouvé cela touchant) quelques petites choses qui rappelle l'auteur de Jane Eyre : par exemple "Thornton", le nom du héros est aussi la ville de naissance de Charlotte, ou encore la silhouette d'une maîtresse de classe de filles près du presbythère à Helstone.

Le livre
  • titre original : North and South
  • date de parution : 1855
  • traduction française par : Françoise du Sorbier
  • Editions Buchet-Chastel
  • parution en français : Fayard - collection points
  • 660 pages
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26 juillet 2011

Le véritable journal des sentiments

J'ai bien réfléchi. Peut-être passé trop de temps à le faire. Je pense que l'on ne change pas ses qualités, ou ses défauts, au contact d'un outil aussi sophistiqué soit-il. J'ai toujours écrit, déguisé, dévoilé. J'ai toujours écrit, tapé, raturé, jeté, effacé, oublié, refait, travaillé, étonné. J'ai imaginé toutes sortes de choses et je les aies eues. Te lire me donne toujours envie d'écrire à mon tour, de me jeter du pont, de me suspendre quelque part où je n'aurais qu'à laisser tomber ce que je garde au fond de mes poches sans même savoir d'où elles viennent, à qui elles sont, et ce que tout cela veut dire. Je déconne à nouveau, je crois. Je ne mange rien, je bois beaucoup plus, que de raison. Parfois je rêve d'allumer une cigarette mais je n'ai jamais su frotter une allumette. Je garde cette fêlure, trace invisible mais qui se remplit de tout ce qui passe, comme la terre envahit le sillon des mains. Chaque jour la ligne se creuse, coups du sort, coups pour rien, coups en douce. Les petites impatiences creusent leur entailles et je crois que je m'y suis habituée. Je les caresse comme une mère savoure la présence d'un enfant, tout en le trouvant parfois encombrant. Ce journal brise un peu quelques barreaux aux fenêtres et je peux m'envoler.
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24 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort - part II - (2011)


  • Réalisateur : David Yates
  • Genre : fantastique
  • Année : 2011
L'histoire
Dernier épisode des aventures de Harry Potter (Daniel Radcliffe) devenu l'ennemi public de Voldemort, le puissant sorcier qui mène un combat sans merci contre ceux qui refusent son pouvoir. Tout se joue à Poudlard, l'école des sorciers, où professeurs et élèves vont devoir mettre en oeuvre toutes leurs capacités pour ralentir l'avancée des mangemorts (l'armée de Voldemort) afin de laisser un peu de temps à Harry pour qu'il achève sa quête, commandée par le professeur Dumbledore, de retrouver et de détruire les derniers Horcruxes qui tiennent en vie Voldemort.

Développement
Et voilà ! c'est fini, la belle aventure du petit sorcier s'achève avec ce film tout à fait comme je l'imaginais et même mieux. Vu en 3D, c'était vraiment magique (bon les lunettes pas très agréables mais au bout de quelques minutes on les oublie presque). Très belle impression de flottement des détraqueurs, animation des statues de pierre, promenade dans les grottes de la banque Gringott : gé-ni-al.

Bien que l'atmosphère du film ne soit pas aux réjouissances, il y a quelques moments où la tension retombe : bons mots du professeur McGonagall (Maggie Smith), baisers échangers entre les amoureux à l'aube d'une mort possible, révélations sur les réelles motivations du professeur Rogue vis à vis de Harry, de quoi passer des larmes aux rires dans la salle.

Un trèèèèèèèèèèèès bon moment de cinéma donc, qui n'est gaché que par le machouillement des uns et le non savoir-vivre des autres (un instant j'ai même cru qu'il y avait une kitchinette installée derrière moi).

Une adaptation que j'estime réussie du dernier tome de la saga de J.K. Rowling ; même le dernier chapitre fait l'objet d'une adaptation (ceux qui ont lu sauront de quoi je parle !)

Plus généralement, j'ai aimé que les acteurs restent tout le long des adaptations (soit une durée de 11 ans d'affilée, un bail !), sauf pour Dumbledore qui fut incarné par Richard Harris (HP 1 et 2) puis par Michael Gambon (HP 3 jusqu'à HP 7 part 2) à la mort du premier. J'ai aimé les inventions visuelles comme le vif d'or, la serrure chez Gringott, les dragons, les Sombrals, etc...

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23 juillet 2011

District 9 (2009)


  • Réalisateur : Neill Blomkamp
  • Genre : fantastique
  • Année : 2009
L'histoire
Afrique du Sud. Un immense vaisseau extraterrestre s'immobilise au dessus d'une ville, puis plus aucun signe de vie. Aucun contact, il faut aller voir ce qu'il y a à l'intérieur. Le MNU, une organisation de gestion de crise, est chargée de prendre contact avec les extraterrestres qui s'avèrent être des créatures en grande faiblesse physique, souffrant de la faim depuis plusieurs mois dans le tombeau de leur vaisseau géant. Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Il est décidé de les évacuer et de les parquer temporairement dans une zone spécialement créée pour eux : le district 9. Mais la situation dure et 28 ans passent. Les extraterrestres vivent cantonnés dans leur zone qui devient un véritable bidonville mais aussi une plaque tournante où règnent les magouilles en tout genre entre les créatures totalement abandonnées et les trafiquants sud africains : drogue, meurtres, prostitutions, tentatives d'accouplement entre extraterrestres et humains. Il est temps de les reloger dans une zone plus saine. Dans le même temps, le MNU cherche à tout prix à faire fonctionner les armes trouvées dans le vaisseau : celles-ci semblent ne répondre qu'à un ADN extraterrestre.

Développement
Wikus van der Merwe (Sharlto Copley), est responsable des agents de terrains chargés de signifier aux créatures leur intérêt à partir d'un camp pour un autre et d'obtenir leur signature pour valider leur consentement. Lui-même montre l'exemple, suivi par un journaliste chargé de filmer en direct la procédure.
Wikus van der Merwe (Sharlto Copley)
explique à une créature qu'elle doit partir
En frappant chez une des créatures, Wikus se retrouve malencontreusement aspergé d'un liquide noir inconnu. Très vite, il développe des signes de transformation, à commencer par sa main, puis son bras, qui se mettent à ressembler à celui d'un extraterrestre. Bientôt, il ne peut le cacher et le MNU l'utilise comme cobaye pour faire fonctionner les armes jusqu'à ce qu'il réussisse à s'échapper. Wikus devient un paria, un homme recherché, il trouve refuge et assistance dans le district 9 auprès d'une créature qui semble un peu plus évoluée que les autres, et qui, depuis 28 ans, tente de préparer son évasion.

Un film très spécial, mais que j'aime beaucoup. Je reconnais qu'il peut heurter les âmes sensibles : il y a quand même du sang, des meurtres bien dégoûtants. Sans parler du fait que le film est tourné "caméra à l'épaule" style reportage de guerre. Un film qui, sous couvert d'une population d'extraterrestres manipulés, rabaissés, extorqués, parle de notre humanité.

Un film qui sait aussi être comique (second degré mais on rit quand même), attachant : on est très vite du côté des pauvres extraterrestres, et du pauvre Wikus qui au départ passe pour un horrible administratif préoccupé par ses signatures, et qui, lorsqu'il devient l'homme à abattre, se transfome en véritable Robin des bois, préoccupé cette fois par sa femme, qu'il aime plus que tout, et dont tout le sépare désormais.

A voir !!!!

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22 juillet 2011

Jane Eyre (1944)


  • Réalisateur : Robert Stevenson
  • Genre : romance, drame, adaptation
  • Année : 1944
L'histoire
Jane Eyre (Joan Fontaine), une jeune fille rejetée par sa riche famille d'adoption passe 10 ans à l'école Lowood réputée pour sa rigueur, et c'est avec enthousiasme qu'elle prend le chemin de Thonfield Hall où l'attend un emploi de gouvernante. Elle y rencontre une atmosphère inquiétante, mais se sent, pour la première fois de sa vie, estimée pour elle-même. Elle finit par s'attacher à Edward Rochester (Orson Welles) son maître mystérieux bien que souvent imprévisible. Le mariage entre Jane et Rochester est empêché car il a déjà une épouse démente et dangereuse, tenue enfermée dans la partie supérieure de la maison. Jane quitte Thornfield et reveint après la mort de l'épouse, elle peut enfin épouser celui qu'elle aime.

Développement
Que c'est difficile pour un film de passer après une adaptation qui n'a pas les défauts que j'ai remarqué dans celle-ci, aussi brillants soient réalisteurs, acteurs et le reste ! Enfin, tout n'est pas négatif, mais la liste est longue de tout ce que j'ai remarqué d'agaçant et mes doléances ne peuvent être passées sous silence.

En outre, je viens de relire Jane Eyre, autant dire que mes impressions sont encore "toutes fraîches".
haut : Jane Eyre enfant (Peggy Ann Garner)
bas : cousin, tante (Agnes Moorehead), Blocklehurst (Henry Daniell )
Tout d'abord, j'ai aimé le début, l'actrice qui joue le rôle de Jane Eyre jeune : Peggy Ann Garner, est très bonne ! Son petit visage émacié, sa douceur, son honnêteté même face à l'intransigeance haineuse de son entourage, nous sommes de suite happés dans le tourbillon de ses futurs chagrins. Jane part confiante vers Lowood, elle s'imagine y vivre une vie d'apprentissage, elle déchante vite, car nous savons qu'à Lowood règnent la terreur, l'humiliation et le manque de soins. C'est pourquoi nous jubilons lorsque 10 années plus tard (soit au bout de 20 mn de film qui dure 1h et demi), Jane repousse l'offre d'emploi du directeur, en expliquant qu'elle veut "voyager".
Jane refuse de rester à Lowood en tant qu'enseignante
Blocklehurst est furieux
A ce stade, nous sommes dans la fantaisie, car dans le roman, Jane reste 8 ans élève et 2 ans prof. et de son plein gré ; on se demande à quoi sert une telle invention, d'autant que Jane a besoin de références et que Blockehurst, dans le roman, les lui donne pour qu'elle obtienne son emploi. Bref, passons.

A Thornfield Hall, Jane découvre la charmante petite Adèle (Margaret O'Brien), la pupille française que Rochester a adoptée lorsque sa mère, une ancienne danseuse qui fut sa maîtresse, est morte. Jane s'attache à son nouveau foyer, ses nouveaux compagnons, et voue une sorte d'adoration à son maître. Hélas, dans cette adaptation, on peut se demander pourquoi, car ces deux là ne discutent que très rarement ; de la part de Jane on constate plus de la soumission qu'un amour naissant.


Certes, le film a pris un coup de vieux, mais que dire de cette horrible coiffure de Jane/Joan Fontaine, qui couvre les oreilles de l'actrice d'un macaron de cheveux tout à fait ridicule, caprice de star ? Blanche Ingram, la pseudo fiancée de Rochester est ensevelie dans un amas de plume genre cocotte de music hall, ça ne va pas du tout avec le personnage ! je suis désolée. De plus, Rochester se débarasse de Ingram bien durement, voire de manière impolie : il y a une dispute, alors que dans le roman, Rochester lui fait juste comprendre qu'il n'est pas aussi riche que les gens le pensent et leur relation retombe naturellement.

Aucun passage de Jane qui part visiter sa tante malade, donc de Rochester qui a hâte qu'elle revienne vers lui ; assez rapidement, on voit Rochester qui demande à Jane de l'épouser, ce qu'elle accepte la pauvrette, et pour vivre encore un cauchemar puisque Rochester est déjà marié à une femme démente, dont il lui est impossible de divorcer.
cérémonie de mariage interrompue par le frère de l'épouse de Rochester 
Jane annonce à Edward qu'elle part, puis elle erre un temps avant de trouver refuge chez sa tante Reed qu'elle trouve malade et abandonnée : son fils est mort (dans ce film, il n'y a pas de cousines, mais ceci n'a pas trop d'importance au final). Ce qui me gêne le plus sont les inventions, les permutations ou les oublis dans le déroulement des événements. Ici, Jane ne trouve pas refuge chez les Rivers, ne découvre pas qu'ils sont cousins, n'hérite pas de son oncle, n'a pas une proposition de mariage de St-John, qui, elle, a toute son importance dans le roman. Jane entend la voix de Rochester, retourne à Thornfield, apprend l'incendie, découvre la cécité de Rochester, et ils tombent dans les bras l'un de l'autre pour un premier baiser (alors que dans le roman ils s'embrassent quand même avant la fin !) de cinéma, celà se voit :

Pour moi, une adaptation trèèèèèèèèèèès éloignée du roman. J'ai quand même aimé les dialogues qui respectent dans l'ensemble assez fidèlement, quand les scènes existent, l'idée originale.


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19 juillet 2011

Il Gattopardo / Le Guépard (1963)


  • Réalisateur : Luchino Visconti
  • Genre : biographie
  • Année : 1963
L'histoire
Sicile, 1860. Alors que l'Italie vit de grands changements politiques, un prince ruiné (Burt Lancaster) accepte de déroger à la tradition familiale et consent à ce que son fils adoptif (Alain Delon) épouse une riche roturière (Claudia Cardinale).

Développement
J'ai vu autrefois le film sans le comprendre vraiment, depuis j'ai lu le livre, il y a deux ans déjà, et j'ai revu dans la foulée le film (acheté en dvd mais je n'en avais pas encore parlé, par manque de temps !).

Retour donc aujourd'hui sur ce film dont on m'avait tant rebattu les oreilles et qui m'a paru bien vieillot. Bien sûr, la réalisation est magnifique : décors, costumes, musique, tout est dignement reconstitué et respire les moyens mis en oeuvre. Les scènes de batailles sont quelque peu ridicules par contre, très série "Zorro". Clic clic et prend cette lame dans le corps. Bof.
J'ai également été désappointée par le jeu des acteurs, seul Burt Lancaster m'a convaincue, je l'ai trouvé très bon dans le rôle du Prince de Salina.
Salina (Burt Lancaster) et Angelica (Claudia Cardinale)
Honnêtement, j'ai préféré la lecture du livre, qui, elle seule permet la transcription des véritables émotions et intentions de ce Prince qui voit toute sa vie bouleversée, et qui se retrouve incapable de lutter contre le temps qui passe.

Mon verdict : lisez le livre, il a beaucoup moins vieilli que le film, il est tout simplement EXCEPTIONNEL, et l'oeuvre unique d'un romancier admirable.

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18 juillet 2011

The Interceptor (2009)


  • Réalisateur : Konstantin Maximov
  • Genre : fantastique
  • Année : 2009
L'histoire
Russie, 2013. Konkerer, une sorte de monstre malfaisant évoluant dans une réalité parallèle projette d'envahir la Terre pour le moment protégée par l'influence des Gardiens du Cénacle, vivant eux aussi dans une autre réalité. Konkerer possède l'esprit de Kurylo (Aleksander Baluev) un homme politique influent chargé de mettre en place les graines du mal et de la guerre en vendant des armes d'origine extraterrestre, qui feront plonger la Terre dans le chaos total. Pour contrer l'avancée de Konkerer, les gardiens du Cénacle utilisent Matvey (Igor Petrenko), un homme qui a été plongé dans le coma suite à un grave accident, et à présent doté de pouvoirs psychiques spéciaux, nommé l'Intercepteur.
Kurylo (Aleksander Baluev) possédé par Konkerer
Développement
Vous savez, moi, je suis bon public, sous réserve que l'histoire soit originale ou passionnante ou pas trop mal jouée, je regarde (exception faite des péplum et des vieux western, c'est au-dessus de mes forces). Je viens de lire que ce film n'avait pas remporté tous les suffrages, étant globalement affublé du titre de "nanar", je vous assure pourtant que j'ai vu bien pire, et avec des comédiens très connus qui plus est ; des trucs alimentaires il paraît. Bon alors ici, il n'y a rien à comprendre : c'est un film fantastique, une allégorie : le bien contre le mal etc... J'ai trouvé les effets spéciaux plutôt corrects, les scènes d'actions pareil, bref, ça se laisse voir.
les Gardiens du Cénacle assurent la protection de la Terre
ils chargent Matvey (Igor Petrenko) de trouver en lui la force de combattre
pour le guider, les gardiens lui envoient une femme (Anna Khodush)
car "seul l'amour donne la force de combattre"
(faut pas chercher à comprendre...)
Matvey en donne un coup, plusieurs en fait, contre Konkerer
une sorte de réseaux de racines (du mal bien entendu)
Et voilà, c'est fini, Konkerer est repoussé. C'était pas sorcier.

Un film d'action sur fond de fantastique donc. Pour les amateurs de combats qui ne se prennent pas la tête avec des idées cartésiennes.
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The Queen's Sister (2005)


  • Réalisateur : Simon Cellan Jones
  • Genre : biographie
  • Année : 2005
L'histoire
Le film déroule l'histoire de la princesse Margaret (Lucy Cohu), depuis la mort de son père jusqu'à la fin des années 70. En 1952, Margaret a 22 ans, sa soeur Elisabeth devient la Reine. Très vite, le protocole empiète sur sa vie : il lui est interdit de voir sa soeur quand bon lui semble, il lui est interdit d'épouser son amoureux Peter Townsend car c'est un homme divorcé. Elle mène alors une vie artistique de fêtes au sein de la jet-set. Elle rencontre un photographe Antony Armstrong-Jones (Toby Stephens) qui ignore au départ qui elle est. Ils finissent par se marier, ils ont tous deux 30 ans et s'aiment. Mais Margaret finit par imposer à Tony certaines règles de protocole qu'il a du mal à supporter : elle lui interdit de voir ses enfants qui sont confiés à d'autres personnes. C'est en trop pour le jeune homme qui finit par la quitter. Chacun vit sa vie, sauf que Margaret est dans la ligne de mire des journalistes, chaque faux pas doit être rétabli par des annonces officielles qui démontrent que le couple est toujours ensemble, alors qu'il n'en est rien. Le divorce est prononcé en 78 lorsque Margaret a une aventure avec Roddy Llewellyn (Simon Woods).

Développement
L'actrice Lucy Cohu prête son visage et toute sa personne pour incarner la princesse Margaret, elle est tout simplement étonnante, en particulier vers la fin, lorsqu'elle joue Margaret vieillie.
à gauche la princesse Margaret, à droire Lucy Cohu dans le rôle
Pour le rôle de Tony, nous avons droit à Toby Stephen (Jane Eyre 2006) qui lui aussi a fait mon bonheur de spectatrice, je suis définitivement une fan supplémentaire.
à gauche Antony Armstrong-Jones, à droite toby Stephen

Margaret (Lucy Cohu) et Tony (Toby Stephen) au temps de la love story 
J'ai noté l'apparition de Simon Woods dans le rôle de Roddy Llewellyn, le jardinier avec qui Margaret a une (belle) aventure et qui mettra d'ailleurs fin à son mariage, Simon était "Bingley" dans le film "Pride and prejudice" de 2005.
Llewellyn (Simon Woods) et Margaret

Un biopic (*) que j'ai apprécié, de belle facture, pas de temps mort, ce qu'il faut de rythme, d'émotions, de compassion, qui montre avec pudeur, parfois humour, l'aspect dramatique des vies privées livrées en pâture au monde, de leurs préjugés et de leur sentence.

(*)en anglais uniquement
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Quentin Durward (2ème chaîne ORTF, 1971)


  • Réalisateur : Gilles Grangier
  • Genre : romance historique
  • Année : 1971
  • 7 épisodes (50 mn)
L'histoire
Quentin Durward (Amadeus August), un jeune écossais de 20 ans fuit le monastère, où il a trouvé refuge dès sa plus tendre enfance suite au massacre de sa famille par un clan rival, et s'embarque pour la France. Sa première rencontre est celle d'un riche marchand, en vérité le roi Louis XI (Michel Vitold) sous déguisement, qui le prend d'affection et lui confie la garde de la jeune Isabelle, Comtesse de Croye (Marie-France Boyer), fugitive de son royaume pour échapper à un mariage de raison imposé par le Duc de Bourgogne, son tuteur. Isabelle et Quentin tombent amoureux.


Développement
Quentin Durward a été l'un de mes premiers "coups de coeur" télévisuels, bien rares aujourd'hui. J'étais bien jeune mais pas aveugle et avais le coeur d'un romantisme absolu. Mon amoureux secret s'appelait Quentin, parfois Amadeus, et je l'ai attendu bien longtemps avant d'oublier qu'il aurait pu exister pour moi. Enfin, force est de constater que le charme de naguère a vieilli autant que moi, et pourtant, il reste quelque chose de plaisant à revoir cette série qui ne pourrait plus plaire de nos jours. Trop théâtrale. Mais j'aime.
Quentin Durward (Amadeus August)
Nous sommes en 1468, la France n'est pas celle que nous connaissons, plus petite, entourée de seigneurs qui convoitent l'agrandissement de leurs terres :

  • la France dirigée par Louis XI / Louis le Valois est en couleur orange
  • l'ennemi à contenir est Charles de Téméraire / Duc de Bourgogne en terres en rose)
  • qui a sous sa domination les terres du Comté de Croye en rose clair
  • (en vert : la Bretagne)


Charles le téméraire veut marier Isabelle de Croye, sa protégée
Isabelle, la Comtesse de Croye (Marie-France Boyer)
à un homme à lui, Campo Basso, héros des champs de batailles, horriblement défiguré par ses blessures de guerre.
Campo Basso (Robert Party)
Isabelle épouvantée par l'apparence de son futur époux choisit de s'enfuir trouver refuge auprès du roi Louis XI, du coup bien embarrassé.

C'est dans ce puzzle politique que Louis XI, homme influençable, agissant selon les prédictions de son astrologue, avance ses pions, sans jamais savoir qui joue réellement dans son camp.

Louis XI choisit Quentin Durward pour manipuler à son tour : il demande au jeune homme de conduire les dames de Croye à Liège
Hameline de Croye (Clarisse Deudon) et sa nièce Isabelle
auprès de son frère Louis de Bourbon, Prince-évêque de Liège, en pays neutre, pour les mettre à l'abri, mais surtout s'en débarrasser, espérant dans le même temps qu'une fois arrivée là-bas Isabelle soit forcée par l'évêque de prendre le voile, ce qui aurait pour finalité que ses terres soient rattachées aux possessions de l'Eglise et pas au duc de Bourgogne. Un moindre mal.
Louis XI (Michel Vitold) et Quentin Durward
Mais Quentin Durward est un homme d'honneur et de coeur. Pour lui, la politique est moins importante que l'amour, et sa seule raison lui commande de mettre les dames à l'abri, et ce, malgré les intentions du roi. Apprenant que Liège n'est pas un endroit aussi sûr que prévu pour sa belle Damoiselle, par ailleurs convoitée par le sanguinaire Guillaume de la Mark (Jean Nergal), également surnommé le "Sanglier des Ardennes", c'est tout dire, qui s'apprête à envahir la ville.
à gauche Guillaume de la Mark (Jean Nergal)
Quentin ne peut se résoudre à repartir en France en laissant son amoureuse à la merci de rustres.
Isabelle et Quentin sont à Liège auprès de Louis de Bourdon
mais pas en sécurité dans une ville en pleine révolte
Et au bout de quelques coups d'épée, voilà nos amis libres mais en pleine nature, les fuyards sont aidés en prenant en otage Eric de la Mark (Dennis Le Guillou), le fils du sanglier des Ardennes, la tête pensante des la Mark,
Quentin et Eric de la Mark (Dennis le Guillou)
et grâce à Leyradin (André Oumansky), un bohémien qui travaille pour Guillaume de la Mark, mais qui a une dette envers Quentin depuis que le jeune écossais s'est autrefois montré misericordieux en dépendant son frère injustement exécuté en représailles par les soldats du roi.
Leyradin (André Oumansky) et Eric de la Mark
Et voilà l'escorte d'Isabelle de retour en Bourgogne, bien obligée puisque nulle part où aller.

Dans le même temps, Louis XI est venu rendre une petite visite de courtoisie -et de politique-, à son cousin le Duc de Bourgogne. Le voilà bientôt accusé d'avoir désiré la mort de l'évêque de Liège (son frère), exécuté par Guillaume de la Mark : seul Quentin est capable d'innocenter le roi, ce qu'il fait, de même qu'Isabelle qui entre temps a été reléguée dans un couvent, mais Quentin et Isabelle ont pû s'entretenir au parloir et se metrte d'accord pour préparer leur sauvegarde à tous.
Isabelle et Quentin s'entendent pour inocenter le roi louis XI
Maintenant réconcilés, voilà, Louis XI et le Duc de Bourgogne décidés à donner assaut à la ville de Liège, à faire tomber la tête du sanglier des Ardennes, et de donner la main d'Isabelle au vainqueur.
Quentin tue le sanglier des Ardennes
et gagne la main d'Isabelle après avoir gagné son coeur
Une série d'autrefois qui ne pourra que plaire à des anciens comme moi, malgré la bande son très envahissante parfois, genre orchestre symphonique, mais peu importe, elle offre de bons souvenirs et des sourires lorsque l'on prend au vol quelques réparties de bon aloi, par exemple celle-ci :
"Quand on se bat contre des inconnus
pour une cause dont on ne sait rien
y a pas à s'étonner de mourir sans savoir pourquoi"
(Bertrand à Quentin dans l'épisode 2)
Bertrand (Philippe Avron) et Quentin Durward (Amadeus August)
La série Quentin Durward est l'une des adaptations du roman écrit par Sir Walter Scott en 1823.

Signalons que le rôle principal fut tenu par l'inoubliable Amadeus August qui mourra en 1992, il venait d'avoir 50 ans.

N'oublions pas le générique créé par Georges Garvarentz et chanté par Jacqueline Boyer

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16 juillet 2011

The tree / l'Arbre (2010)


  • Réalisateur : Julie Bertuccelli
  • Genre : drame
  • Année : 2010
L'histoire
Australie 2002-2003. A la mort soudaine de son mari, Dawn (Charlotte Gainsbourg) se montre incapable de faire son deuil, végétant tout au long de la journée, délaissant ses 4 enfants (entre 2 et 17 ans env.). Chacun d'eux tente de surmonter l'absence du père : la petite Simone (Morgana Davies) imagine que l'âme de son père a trouvé refuge dans le figuier qui surplombe la maison, l'ainé se donne à fond dans ses études (~terminale) pour pouvoir rapidement partir vivre sa vie, le cadet se persuade lui aussi que son père est réincarné dans l'arbre.

Développement

De retour chez lui, Peter succombe à une crise cardiaque foudroyante et sa voiture se dirige tranquillement sur l'arbre proche de la maison.
Très vite sa petite fille est persuadée que son père est dans l'arbre, elle converse avec lui dans les branches de l'arbre. Voyant la tristesse de sa mère, elle lui explique sa théorie, Dawn semble rassurée que son mari n'est pas parti loin d'elle. Huit mois plus tard, Dawn finit par trouver un travail et son patron (Marton Csokas) ne reste pas insensible à son charme mélancolique. Dawn trouve en lui présence et soutien, d'autant que sa famille la plus proche est à plus de 1000 km.


Bientôt le figuier devient envahissant, les voisins se plaignent, les racines soulèvent le sol, détruisent clôtures et perturbent les évacuations. Une nuit, une grosse branche s'abat même sur la maison, et si Dawn ne s'était pas levée, elle aurait été gravement écrasée. Devant le danger croissant que l'arbre fait peser sur la maison, George propose à Dawn de s'occuper de faire abattre l'arbre, mais devant le refus hystérique de Simone, Dawn capitule et renvoie les ouvriers. Pour finir, la tempête tropicale Inigo mettra l'arbre à terre.

Ce film est adapté du roman "Our Father Who Art in The Tree" de Judy Pascoe.
Une histoire toute en contemplation, souffrance dans l'absence, recherche en soi de ce qui permet de faire son deuil.

J'ai bien aimé que l'on montre les immenses étendues australes, l'été en décembre, Noël en bord de mer, cela donne quelques clefs sur le rythme de vie décalé de l'Australie par rapport à la France et bien entendu fait écho à notre vie actuelle en Nouvelle Calédonie.
Lorsque Lou (Tom Russell) recherche avec Google Earth l'emplacement de sa maison, on peut apercevoir sur les murs de sa chambre quelques affiches qui témoignent de ses intérêts, et bien qu'étant cartésien, scientifique, Lou croit en "l'arbre esprit" dans lequel l'âme des morts trouve refuge selon les anciennes croyances arborigènes.

J'ai trouvé le film un peu longuet par contre, beaucoup de scènes inutiles comme tout le début où Peter livre des maisons préfabriquées sur son camion. J'ai trouvé la romance entre Dawn et George un peu bâclée aussi, surtout la fin, même si le sujet du film n'est pas vraiment la romance. Je n'ai pas trouvé le personnage de Dawn très crédible : oui, elle souffre de l'absence de son mari, on peut le comprendre mais elle ne préoccupe de rien ! Heureusement que ses enfants prennent le relais pour lui rappeler qu'il faut faire les courses, les repas, etc... sa maison est un vrai taudis. Elle se montre tout à fait infantile d'un côté, mais aussi capable d'aimer à nouveau de l'autre, et de se laisser aimer, son personnage ne me parait pas assez sympatique. J'aurai aimé que le personnage de la mère soit plus attendrissant peut-être.

Peut-être aussi aurait-il été plus "intéressant" de faire entrer l'étrange dans le film, mais non, ici, l'arbre n'est hanté que par les souvenirs des vivants, l'arbre catalyse leurs impressions, leurs attentes, il recueille leur souffrance mais ne les aide pas vraiment à aller de l'avant.


Et un fin en jus de boudin, hélas.
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