12 juin 2015

Je ne suis plus présente que par les cœurs sur ton mur que j’efface

Je ne suis plus présente que par les cœurs sur ton mur que j’efface. J’ai envie du vide, du blanc virginal d’un sentier neigeux inexploré, du noir incompressible à proximité de ton corps qui attire toute vitesse et me gèle. Je ne suis plus présente que par les touches invisibles que j’effleure de loin et que tu ne peux sentir que comme une ancienne musique familière, peut-être imagines-tu tout cela dans ta tête et je ne peux pas tourner cette page qui nous désaccorde. Je ne suis plus présente que par les archives que tu gardes, les listes enjouées de nos rendez-vous annuels qui te ravissaient lorsque je les énumérais de mémoire. Mon amour détaché t’impressionnait autrefois mais tu n’as jamais pris ma main sous la table, ni déposé tes lèvres dans mon cou. Je ne t’ai jamais suivi dans ta chambre noire et pourtant je m’y serai révélée.