28 mars 2006

Manhattan (1979)

Je devais avoir 15-16 ans quand j'ai vu Manhattan, de Woody Allen, pour la première fois au cinéma en version originale. Au souvenir de ce film, j'ai un sentiment de joie très réel et stupéfiant quasi impossible à expliquer. Sans doute la vision de la tendresse de ma jeunesse, à l'aube d'une liberté imaginée et quelque fois réalisée.

J'ai acheté le film en DVD très récemment, à un prix très modique (moins de 10 euros à la Fnac) et je l'ai revu dimanche dernier. D'abord en français, puis en VO. Je vous explique. J'ai été surprise et agacée de constater que la voix française de Mariel Hemingway (Tracy) est celle qui double Melissa Gilbert (Laura Ingalls dans la petite maison dans la prairie). Cela m'a horriblement contrariée car je trouve que cette voix ne "colle" pas du tout au personnage. Ainsi, j'ai voulu dans la foulée revoir le film en VO pour oublier cette impression !

Rhapsody in blue, la superbe composition de Gershwin, m'a fait plonger encore plus loin dans ce sentiment de béatitude où toutes les vies pouvaient être à moi. Pour peu que je m'en donne les moyens et la volonté. Que la jeunesse est "formidable" dans sa conception de l'humanité et du destin que l'on peut espérer !

Quelques répliques qui m'ont fait sourire et que j'ai notées à la volée :
  • ...vous en connaissez des gens géniaux ; vous devriez fréquenter des imbéciles, cela vous ferait voir du pays... (Isaac à Mary)
  • ...c'est un orage magnétique, vous voulez finir dans un cendrier ? (toujours Isaac à Mary, tentant d'éviter les éclairs)
Désopilantes aussi les réparties au sujet du cancer, lorsqu'à plusieurs reprises, Issac met en garde contre des choses aussi diverses que la cigarette, les saucisses de Francfort (^^) et le Valium.

Et Meryl Streep (Jill), magnifique, qui se mettait déjà en ménage avec une femme, quelques années avant son rôle dans Kramer contre Kramer... Le "PACS" avant l'heure, décidemment, ils sont toujours en avance ces américains...

Et Diane Keaton (Mary) perdue d'illusions dans sa quête d'un amour stable et pas trop compliqué, mais est-ce raisonnable ?

Revoir ce film m'a fait du bien. C'est pourtant un film plutôt morose, répandant des névroses comme autant de graines qui ont toutes les chances de germer, arrosées par la réalité incessante de nos désillusions. Pour ma part, j'ai eu l'impression d'être à nouveau dans la salle à Nancy, avec mes amies Carole et Isabelle, mes "copines" de l'époque. Ce sont toujours mes amies d'ailleurs. Je me demande si elles se souviennent de ce film autant que moi.

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