[JOURNAL] Et à l'heure de notre mort

 

Mon père est mort. Il y a l'évidence, mais tout concoure à la sidération. Le corps est redevenu poussière. Les bougies ont été allumées. Les fleurs ont été commandées. Les derniers habits ont été choisis. Le dernier souffle a été rendu, petit murmure humide.

Mon petit coeur ne peut se remettre de ce rebours dans lequel je déplie constamment les moments les plus aptes à me réjouir, à me réconforter.

Il dort désormais d'un sommeil sans réveil parce qu'un ange, je crois, a emporté la douleur, la maladie, la vieillesse, l'inquiétude.

Il reste des souvenirs, des échos de voix, des petites chansons matinales que nul n'entendra plus. Les jours n'ont plus les mêmes espérances, les projections d'activités à long terme se réduisent au lendemain où nul ne sait l'heure de notre mort.

illustration de Sarluis "Dernier souffle"

Commentaires

  1. Ces mots te sont bien personnels, liés à l'épreuve que tu viens de traverser. Pourtant, ils parlent à tous ceux qui ont perdu leur père, comme moi il y a quelques années. Qu'ils reposent en paix, ceux qui nous ont quitté ! Leur souffrance sur la terre s'est arrêtée mais ils sont toujours là, quelque-part, et nous accompagnent, c'est ce que je ressens.

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