09 décembre 2025

[JOURNAL] Des livres et des heures




La lecture a toujours été ma compagne, et peu après avoir commencé ce blog que je considère comme un journal autobiographique en ligne, j'ai eu envie de créer un site dédié à mes lectures pour deux raisons :

  1. la première fut de satisfaire à mon besoin de classer mes articles dans le genre qui convient et, à l'époque en 2004-2005, les libellés n'existaient pas encore sur la plateforme de blogger,
  2. la seconde était de posséder un site référencé "lectures", condition nécessaire pour être contributrice sur le site "BOB" ou "Blog-o-Book", né fin 2008 pour associer aux livres les critiques publiées par les lecteurs. BOB avait une singularité : référencer les lecteurs géographiquement afin que nous puissions organiser des rencontres entre nous, personnellement je n'ai jamais participé à des rencontres car je n'avais pas le temps mais je trouvais l'idée intéressante. BOB n'existe plus mais d'autres plateformes que je considère comme professionnelles ont le même objectif de donner des avis de lecteurs "lambda", et j'estime ces avis généralement plus pertinents que les critiques professionnelles parfois dévoyées pour cause de connivences avec les maisons d'éditions sans égard pour le contenu, je parle en connaissance de cause.
  • Babelio : où je suis membre depuis les débuts,
  • Goodreads : j'ai créée mon compte cette année et j'y publie la même chose que sur Babelio pour tenter d'élargir mon "public",
  • Booknode : je ne pratique pas mais j'ai déjà les deux dessus !
  • Livraddict : même remarque que ci-dessus.

J'ai également un compte instagram depuis 2013 et j'ai voulu, un temps, y partager mes lectures en invitant les abonnés à lire mes critiques (résumés et avis sur mon blog) sans aucun succès je dois le dire. J'ai finit par constater que sur instagram on se contente de regarder une image, éventuellement de "liker" mettre un ♥ mais sans approfondir plus que cela.

Etant donné que cela prend du temps d'écrire un article, de le relire et de le publier, je ne veux pas, en plus, passer du temps à bidouiller une publication sur instagram dans l'idée de faire venir sur mon site littéraire de nouveaux lecteurs.

Je me contente de partager mon avis sur mes lectures en toute honnêteté, sans égard pour un auteur qui a choisi de livrer au public son ouvrage : si je pense que c'est mauvais je le mentionne puisqu'il s'agit de mon avis et en aucun cas une critique professionnelle, même si je lis avec des partenariats de maison d'éditions dont je reçois des livres en avant-première : mon but dans mes revues de lecture est seulement de dire ce que j'ai ressenti en tant que lectrice, pas en tant qu'éditrice.

Sur instagram je vois passer quantité de vidéos ou carrousels invitant à la découverte de livres et j'avoue être friande de ce genre de publications. Lorsqu'un résumé m'intéresse je me renseigne pour confirmer si ce livre "vaut le coup" avant de l'ajouter à ma liste à lire. Une journaliste avoue lire plus de 300 livres en quelques semaines ; je ne conteste pas le nombre mais je m'interroge sur la nécessité de cet aveu qui n'est pas un gage ni de qualité ni de pertinence.

Lisons à notre rythme sans pression sans injonction sans obligation de trouver bon ce qui est mauvais et ouvrons notre temps et notre coeur pour se distraire ou s'instruire.

Liens



25 novembre 2025

[EXPO] Legacy



La semaine dernière je suis allée voir l'exposition de photographies de Yann Arthus-Bertrand, célèbre militant pour la préservation de notre monde. La photographie n'est pas mon art préféré mais j'aime regarder de grandes toiles qui figent un instant, une époque.



La ville de Guyancourt expose jusqu'au 3 janvier 2026 un sélection de 40 ans de travail de cet artiste engagé, il en faut, même si je ne comprends pas tellement comment son engagement peut faire évoluer fondamentalement certaines pratiques comme le travail des enfants, des femmes, des hommes pour un rendement absurde. Il reste important de s'informer sur la misère du monde mais je ne pense pas que notre société puisse réellement changer quelque chose, ce n'est que mon avis.

Ci-dessous un medley des photos que j'ai le plus apprécié.






Photos personnelles - novembre 2025

16 novembre 2025

[PATRIMOINE] Les voix ensevelies du palais Garnier (ou les véritables fantômes de l'opéra)






1907


Le 24 décembre 1907, une assemblée se livre à une étrange opération de marketing, scientifique et de préservation du patrimoine : monsieur Alfred Clarck, directeur de la Compagnie française du Gramophone, a l'idée d'offrir deux douzaines de disques contenant les enregistrements des voix d'artistes de l'époque, avec pour condition de ne les ouvrir que 100 ans plus tard, en 2007. Chaque disque était protégé par une plaque de verre et enveloppé dans de l'amiante et déposés dans deux urnes scellées de plomb. Le double objectif était :
  1. de montrer l’état des machines parlantes qui étaient à leurs débuts et de mesurer les avancées technologiques de cette invention au cours d’un siècle,
  2. quelle était la voix des principaux chanteurs et leur interprétation des célèbres morceaux du répertoire lyrique et dramatique (Faust, Roméo et Juliette de Charles Gounod, Hamlet d'Amboise Thomas). 

1912

On rajoute 24 autres disques (gloires internationales, tels les Italiens Verdi, Puccini, ou Rossini mais aussi les Français Bizet, Gounod ou Saint-Saëns) ainsi qu’un gramophone, des aiguilles et le mode d'emploi permettant leur lecture.

1989

A l'occasion de travaux dans le sous-sol, les employés de l’Opéra constatent que les urnes ont été fracturées à une date indéterminée, et qu'une partie du contenu a disparu : il est décidé de confier le reste à la Bibliothèque nationale de France, l'inventaire et les documents officiels de l’époque permettent de "faire le point" et d'assurer la préservation pour permettre l'étude à venir.

2008

En 2007 il est décidé de procéder à l'ouverture des urnes ce qui ne pourra se faire en toute sécurité qu'en septembre 2008, car les disques sont enveloppés d'amiante dangereuse pour la santé. Les disques de 1907 sont alors très bien conservés, mieux que ceux des urnes de 1912.

Voir le résumé en vidéo



Où peut-on écouter ces morceaux

Les morceaux ont été transférés sur CD et publiés par EMI, société héritière de la Compagnie française du Gramophone, avec le concours de la Bibliothèque nationale et de l’Opéra.

Les urnes sont à voir en ce moment

dans l'expo Le palais Garnier : 150 ans d'un théâtre mythique ! Voici quelques photos (de piètre qualité) mais qui montrent ce que j'ai pu voir. 









J'ai illustré l'entrée de cet article par une photographie d'Adelina Patti, soprano, dessous une vidéo de sa voix
Texte résumé par mes soins d'après les sources de la BNF.

[EXPO] Le Palais Garnier 150 ans d’un théâtre mythique


Profitant de ma première visite à l'opéra Garnier j'ai vu l'exposition actuelle consacrée à la célébration des 150 ans du Palais Garnier. Tableaux, dessins préparatoires, costumes, issus des collections de la BNF, pour relater l’histoire de ce théâtre. C'est très intéressant, moi qui adore les croquis, les dessins, les costumes de scène de toute beauté ! Voici quelques photos en souvenir de ce que j'ai trouvé intéressant.

buste de Napoléon III par Jean-Auguste Barre




Le bal de l'Opéra par Henri Gervex 1886


page dans le progrès illustré 1896, pauvre spectatrice !

haut : costume de Melpomène (Orphée aux enfers) 1988
bas : robe de Maria Callas (Norma) 1964
et tutu d'Aurore (La Belle au bois dormant) 1974


le plafond original de Jules-Eugène Lenepveu
remplacé sur la demande du ministre de la Culture (André Malraux)
qui confie la tâche à Marc Chagall

sortie de l'exposition temporaire


[PATRIMOINE] La bibliothèque-musée de l'Opéra


J'achève ma découverte des sites de la BNF avec la bibliothèque-musée de l'opéra, un lieu mythique et impressionnant pour moi car c'est la première fois que je me rends dans l'enceinte de l'opéra Garnier. Une fois le contrôle des sacs passé, puis la vérification du droit d'entrée (il faut avoir un billet ou une carte d'abonnement), je me retrouve dans le labyrinthe 

photo personnelle du tableau d'Edouard Detaille, 1878
"Inauguration du nouvel opéra"

et j'avoue que cela manque d'indication mais après quelques renseignements pris je finis par atteindre la bibliothèque-musée qui se trouve sur deux niveaux.



Le musée

Les espaces du musée de l’Opéra font partie de la Bibliothèque nationale de France après le rattachement de la Bibliothèque-musée de l’Opéra à cette institution en 1935 et la disposition d'aujourd'hui date de 1991 :
  • au premier niveau se trouve l'exposition temporaire dans la rotonde basse de ce qui fut le grand salon de réception de l'empereur,
  • au dessus on trouve la collection permanente dans une galerie qui correspond à l’ancien fumoir des appartements de l’empereur.
escalier entre les deux niveaux du musée


La plupart des oeuvres du musée de l'opéra (souvenirs des compositeurs, des chanteurs et des danseurs du palais Garnier) sont en magasin : seule une petite sélection est exposée dans la galerie permanente que je n'ai pas pu photographier car il y avait beaucoup trop de personnes, il faut imaginer un couloir très lumineux composés de cimaises de verre et d’acier (de Richard Peduzzi) autrement dit des vitrines derrière lesquelles se trouvent quelques tableaux et objets de collection.


Avant d'arriver à cette galerie de l'exposition permanente, on traverse l'étonnant espace de magasins de la bibliothèque (derrière les grillages) située dans ce qui fut le "salon d'introduction".


Ce couloir, appelé la « galerie des guignols », est resté "dans son jus" depuis le XIXe siècle et fut dessiné par Charles Garnier. Malheureusement il n'y avait plus les décorations de guignols.



La bibliothèque

La bibliothèque, qui est également la salle de lecture, n'est accessible qu'aux personnes disposant d'un statut de chercheur.

La salle est très lumineuse c'est presque un havre de repos après le tumulte des galeries, escaliers, et l'espace du grand foyer.

déambulation dans le grand foyer

quelques prises de vue : horloge dans le grand foyer, la scène, les loges et le plafond


Mon prochain article présentera l'exposition temporaire actuelle :
suivre le lien ou cliquer sur l'image



26 octobre 2025

[EXPO] Éblouir Paris de John Singer Sargent



C'est avec ce portrait de Madame Ramón Subercaseaux que je veux débuter mon article sur l'expo "Éblouir Paris" que le musée d'Orsay organise jusqu'au 11 janvier 2026 autour des oeuvres du peintre américain John Singer Sargent. De lui, je ne connaissais pas grand chose, même si le portrait de madame X, utilisé pour illustrer l'expo actuelle ne m'est pas étranger.

Les points verts sont les reflets des spots dans le tableau

Cette expo est la première rétrospective en Europe consacrée à ce peintre, il y a donc énormément de monde et certains visiteurs ne sont pas gênés de consulter leur téléphone en restant devant les tableaux comme s'ils étaient seuls au monde, j'avoue que le comportement égoïste des gens me hérisse souvent le poil.

meli mélo de photos prises par moi le 18 octobre 2025




[EXPO] Les mondes de Colette


Désormais assidue aux expo organisées par la BNF, je ne pouvais manquer l'expo actuelle sur "Les mondes de Colette" à la BNF François Mitterrand. Colette n'est pas un écrivain que j'adore et qui m'a laissé de grands souvenirs littéraires dans ma jeunesse cependant j'ai relu quelques oeuvres récemment et je suis intriguée par la femme d'avant garde qu'elle fut, épousant plusieurs métiers : comédienne, journaliste, écrivain réussissant à vivre de sa plume, s'inventant toujours dans un monde professionnel presqu'exclusivement masculin, et se libérant du carcan matrimonial imposé dans la société de cette époque.

à gauche : revue où Colette pose dans la tenue de faune dans la pièce 
Le Désir, la Chimère et l’Amour (1906)
à droite : tenue de faune portée par Colette (magnifique !)

Cette exposition présente plus de 350 pièces que je n'ai pas pu entièrement lire évidemment mais qui donne l'aperçu d'une vie intérieure riche ; j'ai apprécié les extraits vidéo, les portraits, les dessins de Colette, tout un foisonnement que le visiteur d'aujourd'hui peut apprécier.

Jacqueline Marval "les coquettes" - 1903


Le livre d'or à la fin de l'expo est très intéressant : de nombreux témoignages utiles et artistiques, dommage que les wokistes ne peuvent s'empêcher de ramener Colette à une militante sexuelle ! 

mélimélo de photos prises par moi le 14 octobre 2025





13 octobre 2025

[EXPO] Impressions nabies

Maurice Denis _ Amour : Nos âmes, en des gestes lents

Il y a quelques semaines je suis retournée à la la BNF site de Richelieu pour voir l'expo sur les Nabis, ces artistes de la fin du 19è siècles qui eurent l'ambition de faire entrer l'art dans tous les foyers : affiches, papiers peints, revues spécialisées dans les estampes. Paul Sérusier, Ker-Xavier Roussel, Eduard Vuillard et Maurice Denis (mon artiste préféré) se rencontrent à la fin des années 1870 et sont rejoints par Paul Ranson, Félix Vallotton, Pierre Bonnard et Henri-Gabriel Ibels. 

Les Nabis, « prophètes » en hébreu, désirent que l'art soit décoratif et tentent de se faire connaitre en se regroupant dans des publications ou expositions, l'aventure des nabies dure 10 ans.

Diaporama de mes photos sur l'expo et quelques objets de la nouvelle rotation au musée de la BNF

Impressions nabies


21 septembre 2025

[PATRIMOINE] La villa Majorelle


Bien que née dans le Nord, je me considère la plupart du temps lorraine, ayant vécu ma jeunesse à Nancy, ville détestée dans mon adolescence puisque liée à l'âge ingrat, toujours en travaux, où je parcourais avec ma soeur de longues distances pour aller à l'école. Pourtant j'y retourne régulièrement et c'est avec plaisir que j'ai pu visiter la Villa Majorelle la semaine dernière qui était déjà à mon époque, une sorte de célébrité mais non visitable (les visites ne sont possibles que depuis 1997).



A l'angle d'une rue de quartier calme, la villa ne se visite pas encore entièrement mais l'on peut profiter du rez-de-chaussée (vestibule, salle à manger, salon, terrasse), d'un escalier de toute beauté et à l'étage de la chambre à coucher.


Louis Majorelle (1859-1926) était un artiste pluridisciplinaire et sa notoriété est liée à l'école de Nancy qui vit naître plusieurs industries lors de la période dite "Art nouveau" où étaient représentées des formes végétales (chardon, nénuphar) ou animales (libellules) ; il fut en effet non seulement peintre mais concepteur de meubles, vitrier, ébéniste, ferronnier, ébéniste et fit de sa maison une véritable vitrine des savoirs faire et de cet art nouveau destiné à intégrer les foyers même modestes.

Plan de Nancy 1906


Il faut imaginer que la maison est construite en bordure de champ (sur le plan dans la zone de Médreville, près de l'église du Sacré coeur qui existe toujours) ; aujourd'hui la maison est enchâssée entre d'autres bâtiments car lorsque Majorelle meurt en 1926, la famille revend la maison en 1931 et de fil en aiguille, le terrain s'est amenuisé autour de celle-ci.



Le jardin n'est plus aussi grand qu'à l'époque de Majorelle (le parc d'alors fut vendu à un promoteur immobilier) mais il est encore possible de faire le tour de la maison qui a traversé des épreuves du temps, bombardée en 1916, transformée en bureau pour l'administration des Ponts-et-Chaussées, elle se rénove peu à peu pour présenter au public la première maison entièrement Art nouveau de Nancy telle qu'on pu l'habiter Louis Majorelle et sa famille. D'autres pièces sont prévues à l'étage (salle de bain et penderie attenante à la chambre à coucher) et peut-être aussi les combles où l'artiste avait son atelier.

Famille Majorelle
Jane, Louis et Jacques leur fils dans le jardin en septembre 1911




[JOURNAL] A la lisière de l'automne


Il y a quelques jours j'ai fait mon tour de village et suis passée le long de la route départementale bordée de tilleuls qui ont déjà largement perdu leur feuillage, à tel point que, des deux allées en bordure de route pour les piétons et les cycles, il n'en restait qu'une.

La piste cyclable était entièrement recouverte de feuilles, je ne m'étonne plus que les vélos roulent sur la route sans égard pour les voitures, roulant côte à côte le plus souvent, à croire qu'ils veulent y laisser leur peau, même lorsque les pistes sont déblayées.

L'automne commence demain mais je ne suis pas encore prête à quitter l'été qui ne dure jamais assez.

17 septembre 2025

[JOURNAL] À LA MERCI DES GRÈVES AUXQUELLES JE NE DIS PAS MERCI


Demain jeudi 18 septembre j'avais prévu un voyage sur Paris pour diverses occasions liées au patrimoine, histoire de reprendre le chemin des écoliers dans la mesure où j'ai l'opportunité de m'organiser dans mes activités littéraires, artistiques et patrimoniales. Lorsque la semaine dernière j'ai entendu la possibilité d'un second jour de grève, notamment dans les transports en communs, je me suis dis "ma sortie du 18 est compromise".

J'attendais, j'attendais et bien entendu, le couperet est tombé : demain tout est bloqué ou presque. Pas de transport. Bazar (pour être polie) dans les rues. Des drames humains vont encore avoir lieu : peur de pas pouvoir aller à l'école, au travail, peur de voir son magasin détruit, peur d'avoir sa voiture saccagée, peur de la violence gratuite à laquelle nous sommes tous soumis si l'on fait une mauvaise rencontre.

Je vais rester dans ma campagne mais je pense à ceux qui vont subir, une fois de plus, la déliquescence d'une société prompte à se rebeller contre un système qu'elle a elle-même adoubé en son heure.

Pour moi la grève admissible c'est une grève qui n'impacte qu'un patron qui reste sourd aux revendications des salariés qui mettent en jeu leur VIE en travaillant dans des conditions insalubres ou dangereuses, ce n'est pas de mettre le chaos et le feu dans les rues !