Il est très étrange pour moi de me retrouver en ce lieu que j'ai vu littéralement "sortir de terre", ou plutôt "sortir des grues" lorsqu'il y a 30 ans je longeais la zone qui deviendra la "Bibliothèque François Mitterrand" dans mon wagon du RER C. Dans mon jargon, j'appelle ce lieu "Tolbiac" pour éviter de citer le nom peu apprécié car j'aurais préféré que la "bibliothèque nationale" porte un nom moins politique, qu'elle porte le nom d'un écrivain mort par exemple, pour éviter tout signe de fierté mal placée.
Malgré un trajet de presque deux heures, j'aime m'y rendre pour consulter les documents disponibles pour mes recherches, le site internet de la BNF permet de sélectionner les volumes du catalogue général, de les ajouter à nos références préférées, puis d'organiser des séances de lecture in situ en réservant une place dans une salle. En arrivant, la bibliothécaire de la salle me tend ma sélection pour la journée et je n'ai plus qu'à choisir une place et aller m'asseoir ; je ne vois pas le temps passer, plongée dans ma lecture du jour, grisonnant mon carnet de mes notes (crayon de papier obligatoire).
J'apprécie ces journées d'étude à la BNF, que ce soit à Tolbiac, Richelieu ou Arsenal, car je garde en tête la réflexion de ma professeur de français en 5è qui ne m'aimait pas et qui s'était moquée de moi lorsque je lui avais dis que mon rêve serait de faire de la recherche.
— "Chercheur" me répondit-elle, ce n'est pas un métier.
Peut-être pas pour moi en effet, mais grâce au ciel, j'ai désormais tout loisir pour apprécier mes travaux de recherche même si je ne gagnerai rien du tout, je me serai enrichie de la JOIE de faire quelque chose qui me plait énormément.
illustrations personnelles, octobre 2026


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