31 mai 2026

[PATRIMOINE] La voix des lieux : Le pont Alexandre III

 

Parmi les différentes sources d'information qui m'intéressent, je regarde les publications de Vincent Delaveau, guide-conférencier qui partage ses connaissances sur son compte "La voix des lieux" avec un soin et une synthèse remarquable.

 

Sa dernière lettre d'information invite ses auditeurs à découvrir le Pont Alexandre III, merveille du début du XXè siècle, construit en 3 ans à partir de 1897 et inauguré pour l'exposition universelle de Paris de 1900. 

Voici sa vidéo en partage (YOUTUBE)


 

Illustration : photo personnelle prise en juillet 2007 : "Fillette à la coquille" sur le pont Alexandre III, du sculpteur Léopold Morice

[JOURNAL] Le Corbusier au quatrième étage

 

Toujours curieuse d'apprendre, je regarde régulièrement des documentaires, des vidéos sur internet sur les sujets qui m'intéressent : histoire, patrimoine, art et parfois aussi de la littérature mais de récents désappointements m'ont éloignée pour un moment des influences de réseaux car la littérature, la vraie qui m’importe, n'était pas au rendez-vous de ce que j'attends d'un bon livre. 

Cette semaine, un documentaire m'a interpelée ou plutôt un extrait : l'intervenant indiquait que Le Corbusier considérait qu'un immeuble sans ascenseur pouvait être construit jusqu'à 4 étages sans que les habitants du dernier étage soient accablés par la montée des escaliers, y compris les vieillards (pour moi ce n'est pas un mot péjoratif).

Cela m'a irritée car je ne pense pas que ce monsieur ait, un jour de sa fin de vie, monté 4 étages sans être essoufflé, chargé de sacs de courses etc.

Cette allégation me pousse à émettre l'idée qu'il aurait fallu instaurer une règle : que ceux qui construisent des cages à lapins, des maisons trop petites, des chambres inutilisables en tant que telles (sauf si l'on n'y met qu'un lit), soient obligés de vivre dans les habitations qu'ils ont conçues ; nul doute qu'avec cette règle, les logements (maisons ou appartements) auraient hérité d'un peu plus de bon sens et logique pour le quotidien des familles qui en prendraient possession.

 

illustration par Antoine Gravier sur Unsplash (cité radieuse Marseille)

25 mai 2026

[EXPO] De l'art moderne et des réflexions intimes


Il y a quelques temps, j'ai surpris la conversation peu discrète d'une femme qui travaillait sur l'installation à venir de la Caverne du Pont Neuf et c'est la semaine dernière, depuis mon bus qui traversait la Seine sur le pont au Change, que j'ai pu voir l'installation en cours qui ressemble de loin à des monts enneigés sans doute à cause de cette couleur gris-blanc qui me fait penser aux Alpes.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup évoquent l'absurdité d'un tel montage tandis que d'autres défendent l'art, sous toutes ses formes. Sur son site, JR reconnaît l'hommage qu'il fait à l’installation que Christo et Jeanne-Claude avaient produit sur ce même pont quelques années auparavant.

 

Je suis toujours surprise que des artistes peuvent dépenser beaucoup d'argent à un projet alors qu'autrefois les artistes étaient plutôt très précaires et ne survivaient que grâce à des protecteurs, mécènes et familiers. Aujourd’hui, ce sont les affaires qui leur permettent de gagner de l'argent, c'est une façon différente de surprendre un monde, le public, de l'amener à se poser des questions, peu importe les réponses dont aucune ne porte la vérité, car l'art a une vocation très spirituelle, et il se ressent différemment de l'un à l'autre ; pour ma part je ne suis pas tellement attirée (convaincue) par l'art moderne mais il m'amuse et je ne m'interdis pas de regarder et de juger.

EXPO en cours "Formes ouvertes" 

A l'institut suédois, l'exposition Formes ouvertes propose des œuvres que je catégorise comme relevant du "minimaliste" ou "op art" et je me dis "je crois que je serai capable de faire la même chose". Au secondaire, ma professeur nous a appris beaucoup de techniques et très honnêtement, les ressources nécessaires pour produire de l'art contemporain sont à la portée de tout le monde, pour peu d'avoir de l'imagination : il ne faut pas savoir dessiner correctement : une tâche, une esquisse, un brin de laine tendue, une forme et c'est l'affaire conclue. 

Pour ma part, l'art fait partie de ma vie quotidienne et l'avantage de Paris et sa proche banlieue c'est que l'art est à la portée de tous car de nombreux endroits sont gratuits.

clic sur l'image pour agrandir

 

  • La Caverne de JR est visible du 6 au 28 juin 2026 
  • Formes ouvertes jusqu'au 19 juillet 2026 (accès libre)

 

illustration : photo personnelle, la Caverne de JR sur le pont Neuf depuis le pont au Change, 21 mai 2026

[EXPO] Licornes !

Troisième exposition muséale vue la semaine dernière après Le musée de Port-Royal-des-Champs et Les lettres parisiennes de madame de Sévigné. La licorne, cet animal mystérieux, fantastique, interroge sur les fondements qui ont conduit à son apparition dans les arts. Présente même dans ce livre d'heures du XVIè :

l'entrée des animaux dans l'arche de Noé (~1500)
 

L'exposition se situe dans le frigidarium et propose un circuit aléatoire pour découvrir les nombreuses pièces provenant de célèbres musées : Rijksmuseum d’Amsterdam, musée national du Prado à Madrid, le Victoria and Albert museum de Londres, le Kunsthistorisches Museum de Vienne et le musée du Louvre qui représentent des licornes : peintures, sculptures, tapisseries, objets du quotidien, l'énigme de la licorne a inspiré plus d'un créateur !

 

Le visiteur apprendra aussi que la licorne n'est pas toujours symbole de pureté, elle peut parfois être représentée agressive et sa licorne embroche alors le perdant. Autre étrangeté : la licorne apparaît dans de nombreux cultes de l'occident à l'orient. L'exposition se poursuit à l'étage avec la tenture de La dame à la licorne composée de 6 tapisseries réalisées autour de 1500.


 

photo d'entrée de billet : Triomphe de la chasteté (1520)

 

24 mai 2026

[PATRIMOINE] L'île Penotte


Les Sables d'Olonne. C'est dans le quartier de l’île Penotte, qui n'est pas une île mais un dédale de venelles piétonnes que se trouve une curiosité incontournable pour qui aime l'originalité et la grâce de la poésie. Sur le pas de sa porte, j'ai eu l'occasion de voir "Dan'", l'artiste responsable de ce décor à ciel ouvert en achetant une carte postale souvenir qu'elle m'a dédicacée.
 

 
Dan', de son vrai nom Danièle ARNAUD-AUBIN, compose des fresques sur les murs ou les encadrements de l'île Penotte avec des éléments nature : coquillages, morceaux de bois et peintures ; son travail me fait penser aux sculptures de Ferdinand Cheval (1836-1924), Hippolyte Massé (1894-1984) ou Jules Senis Mir (1913-1983) : un art étonnant, qui donne à penser et dire : "Pourquoi ?", "Comment ?", "C'est intéressant".
 
 
Art écologique de récupération, coquillages, pierres, bois, fibres, mêlé à la colle : tout cela fait régner un souffle fantastique qui dépose des poissons, un Poseïdon, et bien d'autres scènes évoquant la mer. 

Le nom de l'île Penotte vient de monsieur Penot qui possédait la majorité des habitations de ce quartier et dont l'organisation enchevêtrée avait l'aspect d'une île.

[PATRIMOINE] Les enclos paroissiaux, visite de Sizun


Il y a quelques semaines j'ai eu l'occasion de visiter l'enclos paroissial de Sizun ; si tout comme moi vous ne saviez pas ce qu'est un enclos, et bien maintenant vous saurez qu'il s'agit d'un ensemble architectural religieux catholique qui présente une forme particulière : une église centrale, un ossuaire, un calvaire (orné de personnages) et une porte triomphale, entourés d'un enclos qui les sépare de l'espace profane.
 
église Saint-Suliau dans l'enclos de Sizun, clocher gothique
mai 2026 (photos personnelles)

Les enclos étaient également les témoins de l'émulation entre paroisses, c'était à qui aurait l'enclos le plus richement décoré (avec le soutien de mécènes locaux). A Sizun, on entre dans l'enclos par un arc de triomphe à trois arches, surmonté d’un calvaire. 
boutique musée dans l'ancienne chapelle ossuaire

 
Spécificité architecturale de la région du Léon (Finistère Nord), il reste quelques enclos admirables que l'on pourra découvrir agréablement lors d'un périple muni de ce guide que j'ai acheté à la boutique "musée" située dans l'ancienne chapelle ossuaire (autrefois contenait les reliques des corps enterrés dans l’église).
 
généralités et présentation de 14 enclos principaux
  

23 mai 2026

[EXPO] Madame de Sévigné Lettres parisiennes

C'est le 400è anniversaire de la naissance de Madame Sévigné et le musée Carnavalet où elle résidât de 1677 à 1696 lui consacre une exposition autour de ses "lettres parisienne" qui témoignèrent efficacement et parfois précisément sur la vie sociale, politique et culturelle de la société de son époque. 

Marie de Rabutin-Chantal (1626-1696) dite "madame Sévigné"
 

C'est beau, c'est classe, durant une bonne heure nous plongeons dans un Paris oublié entre plus de 200 références, lettres (illisibles pour ma part), statues, portraits, objets du quotidien provenant principalement des collections du musée mais pas seulement puisque d'autres collections publiques françaises et étrangères et des objets de collections particulières complètent la présentation.

quelques photographies

 Pour aller plus loin

 

 

Notons que la marquise de Sévigné fut proche de l'abbaye Port-Royal, s'intéressa aux ouvrages de Pascal.



Illustration d'entrée de billet : la marquise de Sévigné par Claude Lefèbvre (1665) 

[PATRIMOINE] Le musée national de Port-Royal des Champs et les ruines de l'abbaye de Port-Royal


Non loin de chez moi se trouve le musée national de Port-Royal, installé depuis 1964 dans un bâtiment datant du milieu du 17è siècle (1651-1652) nommé le bâtiment des Petites écoles.
 
Le musée dans le bâtiment des petites écoles, ici façade jardin
ancienne carte postale, même façade

Le musée se trouve sur le haut d'un vallon au fond duquel se trouve les ruines de l’abbaye de Port-Royal-des-Champs que l'on aperçoit en s'approchant au bord du versant :
 

La vue est magnifique ! Il faisait doux et le jardinier était en train de passer la tondeuse, l'air était rempli de verdure, un moment très apaisant.
 

Petites écoles de Port-Royal (1636-1660)

Le bâtiment a servit de pensionnat pour des garçons tels Blaise Pascal ou Jean Racine : une instruction avant-gardiste qui prônait une nouvelle éducation encourageant la curiosité, l'ouverture d'esprit et les sciences modernes. 
  

 

Une histoire complexe

Le musée, ré ouvert en octobre 2025 après travaux, dévoile une toute nouvelle scénographie pour expliquer l'histoire de l'abbaye, les fondateurs, les partisans, les hôtes de ce lieu de retraite et de spiritualité ; en effet, parce que les religieuses de l'abbaye s'étaient rangées au côté du mouvement janséniste, le roi Louis XIV a ordonné la destruction pure et simple de l'abbaye, y compris le cimetière.
 
anonyme France
la scène évoque la lecture de l'arrêté du roi qui ordonne la destruction de l'abbaye et la dispersion des 11 religieuses qui restaient alors

 
 
Anonyme (France, XVIIIe siècle)
on autorise le transfert des corps enterrés
 

L'oratoire actuel 

Sur la zone des ruines dont on peut encore voir celles de l'ancienne chapelle, un oratoire s'érige depuis 1891 à l’emplacement de l’autel de l’ancienne église et remplace celui qui avait été construit afin de perpétuer le souvenir de Port-Royal en 1829 par la volonté de Louis Silvy qui était alors propriétaire du site de l’ancienne abbaye de Port Royal.
 
Oratoire actuel, photo personnelle de 2025, constitué d'une simple chapelle

 


 Pour conclure, quelques lectures



Lire mon avis sur ce lien
 

Découvrir le site des ruines en mode "survol" par French Baroudeur


 

 

Illustration d'entrée de billet : vue générale de l'ancienne abbaye de Port-Royal au XVIè (gravure) par Nicolas Bocquet d'après Louise-Magdeleine Horthemels

20 mai 2026

[JOURNAL] En attendant le beau


 
En attendant le beau dont j'écrirai des bribes dans quelques jours, je reprends ce carnet pour pousser un "coup de gueule", c'est étonnant à quel point il me parait urgent d'écrire ce qui affole ma conscience avant même d'avoir envie de partager ce qui est beau dans ma vie. L'actualité me désespère et, si j'étais plus jeune, je serais capable de quitter la France pour vivre dans un pays moins permissif, où les victimes passent avant les agresseurs, où les enfants sont protégés des abus de toutes sortes, où le travail permet de vivre dignement etc... Ce pays existe-t-il ? Pour moi il est trop tard pour chercher une réponse et j'espère seulement que mes enfants feront le bon choix s'ils sont confrontés à une impasse. Je veux le meilleur pour eux mais je sais aussi que mon "meilleur" pourrait ne pas être le même pour eux ; cette vérité ne me gêne pas tant qu'ils trouvent leur forme de bonheur dans le "meilleur des mondes possible".