[JOURNAL] J'ai demandé asile au papier



De fil en aiguille (j'aime bien cette expression) j'ai suivi les traces de deux de mes amis bloggeurs des années 2005 désormais en résidence sur le blog de l'APA appelé Grains de sel, duquel je reçois les articles publiés directement dans ma boite mail (vous le retrouverez indiqué dans la marge dans les "liaisons heureuses). Elizabeth LC et Bernard M ont désormais arrêté leur blog et publient sur celui de l'APA, invitant les lecteurs à certaines réflexions toujours inspirantes. Bien entendu j'ai découvert d'autres auteurs à la plume sensible ce qui est toujours un cadeau.

Dans un article de Grains de sel, Philippe Lejeune, spécialiste de l'autobiographie, est mis à l'honneur (de nombreux diaristes de l'APA témoignent régulièrement leur reconnaissance à ce monsieur) et invite le lecteur à lire son Lucullus dîne chez Lucullus, ode à son projet d'écriture de soi : il est question de journaux d'enfance recelant des secrets, de pages parfois détruites, de l'importance de s'offrir à soi même l'écrin nécessaire où enfermer ses pensées, ses idées, ses théories.

Je pense que toute personne qui aime l'écriture ne peut être insensible à ce qui est dit, mais plus encore, que toute personne est alors envahie d'images, de souvenirs. Comment ne pas se souvenir de ses premiers écrits, des poèmes pour faire rire, des poèmes sur un air de chanson anglaise alors à la mode. Toute personne qui aime l'écriture et qui a dans ses meubles ce genre de petits cahiers peut se poser la question : pourquoi ai-je conservé cela ? Pour qui ? Est-ce seulement pour mes vieux jours ?

J'ai demandé asile au papier. C'est Philipe Lejeune qui écrit cette phrase formidable, qui cache chez lui la douleur et l'espoir. C'est peut-être cela au fond l'origine des carnets d'écriture : glisser vers un asile comme on s'engouffre dans un lieu providentiel, que personne ne connait réellement, que rien n'indique et qui se construit sans cesse, qui évolue, qui prend de l'importance comme un patchwork dont on ne verra jamais le motif, où l'on s'enferme volontairement sans vouloir que quelqu'un nous délivre.

illustration de Jan Kahanek sur le site unsplash (licence gratuite)

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