Dans ma maison vous viendrez d'ailleurs ce n'est pas ma maison, je ne sais pas à qui elle est, je suis entrée comme ça un jour il n'y avait personne (J.Prévert)

31 mai 2019

[Roman] La vérité sur l'affaire Harry Quebert par Joël DICKER (2012)


Il y a bien longtemps que je n'avais pas été jusqu'au bout d'un livre ; mes précédentes tentatives ont été suivies d'abandon provisoire ou définitif alors qu'ici j'ai plongé dans ce roman tête la première et le reste a suivi.

L'histoire

New York, Marcus Goldman, un jeune auteur à succès peine à trouver l'inspiration pour un deuxième livre tandis que son éditeur le menace. Il s'invite alors dans le New Hampshire chez Harry Quebert, son ancien professeur de littérature, lui-même auteur d’un best-seller 30 ans auparavant. C'est alors qu'est retrouvé dans le jardin de la maison de Quebert les restes de Nola Kellergan, une jeune fille disparue 30 auparavant et enterrée avec le manuscrit du roman de Quebert qui est immédiatement arrêté. Ne pouvant le croire coupable, Goldman mène une enquête parallèle à celle de la police avec l'intention d'y trouver le développement de son prochain roman tant attendu par son éditeur.

Vous pensez bien qu'avec une histoire pareille, bien construite et qui ne ménage pas les effets de surprise et les fausses pistes on ne peut qu'être enthousiaste.
La construction du récit est originale et très étudiée avec des aller et retour entre 1975 et 2008, mais le style n'a rien d'exceptionnel. Quelques passages très beaux sur la création littéraire, l'écriture, le rapport de l'écrivain et sa vie au quotidien et les attentes de ses fans. D'autres sont hilarants comme ce passage :

- Qui est-ce ? avait aussitôt demandé ma mère.
- Personne.
-Ne dis pas personne ! J'ai entendu une voix d'homme. Marcus, je vais te poser une question médicale extrêmement importante et il faudra que tu soies honnête avec celle qui t'a porté dans son ventre pendant neuf mois : y a t-il un homme homosexuel secrètement caché dans ta chambre ?
- Non, Maman. Il y a le sergent Gahalowood, qui est policier. Il enquête avec moi et il se charge également de faire exploser ma note de service d'étage.
- Est-il nu ?
- Quoi ? Mais bien sûr que non ! C'est un policier, Maman ! Nous travaillons ensemble.
- Un policier... Tu sais, je ne suis pas née de la dernière pluie : il y a cette chose musicale, des hommes qui chantent ensemble, il y a un motard tout en cuir, un plombier, un indien et un policier...
- Maman, lui, c'est un véritable officier de police.
(p.464)
le groupe Village people, la "chose musicale" :-)

Verdict : original mais je n'ai pas du tout été convaincue par le dénouement que j'ai trouvé très moyen et en aucun cas à la hauteur de l'énigme qui m'a tenue intéressée jusqu'à la fin.
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11 mai 2019

[Alimentation] Les plats cuisinés coréens (de chez Picard)

J'ai testé il y a quelques temps les repas coréens sortis chez Picard en début d'année 2018. J'ai testé 3 produits, je vous présente les deux que j'ai eu l'idée de prendre en photo.


Premier produit le bibimbap (비빔밥)

C'est un plat assez populaire en Corée qui signifie "mélange et riz (riz : 밥 "bap")

la boîte
le contenu
Très honnêtement ce n'est pas très bon : le riz n'est pas bon, les légumes non plus, quant à l’œuf qui devrait être "cru" et cuire dans le mélange de riz chaud avec les légumes : autant de rien mettre.

Donc, si vous avec envie de tester ce plat, mieux vaut le faire soit même c'est très simple puisque l'on y met ce que l'on aime et ce que l'on a dans le frigo !

Ici toutefois une recette sur un site avec pas trop de publicités ou de fenêtres pour s'abonner ! (c'est fou on ne peut plus aller sur un site sans être obligé d'accepter les cookies, les avis de sécurité etc...rendez-nous nos blogs d’antan !)


Deuxième produit les buchimgae (부침개)

la boîte
la crêpe !

Le buchimgae est une crêpe salée formée d'un mélange de légumes et d’une pâte œufs et farine. C'est mangeable mais pas terrible au niveau du goût !

Là encore, faites les buchimgae vous-même, ici une recette qui ressemble à celle (excellente) que ce que j'ai pu tester dans le restaurant "Jium" rue Tiphaine dans le 15ème.


Le troisième produit que l'on peut trouver est le poulet bulgogi, kimchi et riz cuisiné

la boîte
Je suis désolée de vous décevoir mais cette recette est également ratée ! mieux vaut faire le plat soit-même et acheter le kimchi à part (car ce n'est pas facile de le faire maison : c'est surtout long) : on en trouve du "tout fait" dans les épiceries asiatiques.

Conclusion : Picard réussit d'autres plats cuisinés "évasion" mais ces recettes coréennes ne sont vraiment à la hauteur et je ne les recommande pas.

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[Rétro-blog] Le défi Steampunk (2011)

Réédition d'un article paru en 2011 alors que je finissais le défi Steampunk et que je publiais les résultats de mon visionnage.

logo de Lord Orkan Von Deck
Avant-propos
Nous dirons que le steampunk est un genre qui explore l'uchronisme et l'anachronisme, aborde une histoire qui se déroulerait pendant une période qui ressemblerait à celle du XIXème siècle et qui s'inspirerait d'éléments issus de cette dernière, notamment les machines à vapeur, des objets qui présenteraient une technologie évoluée mais une forme "rétro" d'époque victorienne.

Voici la liste des 10 oeuvres cinématographiques de ma sélection, suivies des dates de mes chroniques (cliquer sur les titres pour afficher les avis) :




Chaque oeuvre a été notée selon 3 critères pour un total de 10 points :

1) l'époque (E) sur 2 points avec :
2 points pour une époque victorienne / industrielle du XIXème siècle
1 point pour une époque qui rappelle l'ambiance victorienne
et 0 pour une autre époque

2) Les objets steampunk (O) sur 5 points avec :
5 points si au moins 5 objets
1 point compté entre 4 et 1 objet
(0 si aucun objet !)

3) Les décors (D) (esthétique / machineries) sur 5 points avec :
3 points = "ça chauffe"
2 points = "on refroidit"
1 point = "on gèle"
0 point = trou noir sidéral


Puis, selon la note finale obtenue, j'ai attribué un des trois logos suivants :

note inférieure à 4 = manque de souffle steampunk

logo remets les gaz









note entre 5 et 7 : rouages steampunk mais ça grince un peu

logo mets de l'huile









note supérieure à 8 : oeuvre steampunk 

logo à fond les manettes







merci à M.Raj pour le fond des logos
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08 mai 2019

[JIACO] Ecrire est une matière vivante

Je suis un chien qui s’ébroue. Débarrassé de mes parasites, je peux sentir une forme d'extase, infime mais manifeste. Parfois, je m’enfonce dans cette forêt qu’Ogawa arpente, sans le vouloir car je n’ai rien prévu ; mes mains sont d'ailleurs vides. Quelques idées me poursuivent comme des bêtes ou se cachent au fond de ma tête, elles resurgiront plus tard. Ces équipées me stimulent et me giflent, m’enivrent et me fouettent. Je me sens comme une enfant qui passe la tête par la fenêtre.

Je tresse des mondes qui n’existent que pour moi, je les emmêle, les déforme, leur élasticité m’étonne à chaque fois. Je cherche à déchiffrer la carte qui tapisse ma conscience. Je prends mon stylo du bout des doigts. Je voudrais des citrouilles et des feuilles endormies sous les roues d'un vélo d'automne qui dévale jusqu'au plan d'eau. J’ai beau savoir que la plupart des souvenirs sont déformés par le temps comme l’anamorphose de la tasse, certains me semblent aussi nets que l’image reconstituée alors que d’autres n’y voient qu’une déformation approximative. Beaucoup de souvenirs surgissent d’ailleurs d’une manière tout à fait inattendue. Autrefois, je m’asseyais au bord du lit de ma mère en lui demandant de m’écouter. Je lui lisais un poème qui ne semblait pas l’émouvoir autant que moi. Je ne m’en désolais pas car elle m’encourageait, mais au fond, j'avais l'impression que personne ne pouvait comprendre mes paroles. Ce monde étouffé voulait germer mais n'était qu'une expérience, comme celles que font les enfants qui arrosent des haricots enfouis dans du coton.

Ecrire est une matière vivante.

illustrations : © http://melkadel.com/
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[Fiction] Monsieur Célèbre

Monsieur Célèbre ne l’était pas, ce qui n’était pas faute de l’avoir envisagé. Souvent maussade il estimait qu’il portait mal son nom qui portait à confusion et cherchait beaucoup de moyens pour se faire connaître mais n’en trouvait jamais un seul. Commençant à avoir le temps long lui vint l’idée d’attribuer des cœurs sur les nouvelles publications en ligne de ses amis des réseaux sociaux où il ne mettait jamais les pieds mais où il se prenait souvent la tête. Monsieur Célèbre l’avait un peu grosse, la tête, ce qui ne l’empêchait guère de voir plus loin que le bout de son nez qu’il n’avait même pas fin. Par exemple, il se contentait de miettes du gâteau que certains se partagent cérémonieusement tout en ayant l’air d’avoir son compte. Il se trompait lourdement et c’est sans doute pourquoi alors qu’il avait été absent de son écran pour cause d’entorse au poignet, il se rendit compte qu’il avait perdu son temps. Trop tard me direz-vous. 
Der gefesselte sturm © Edgar Ende
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[Focus dans k-dramaland] - Se soûler au soju

Il n'est pas rare de visualiser les scènes de beuveries au soju dans les séries coréennes : les repas d'affaires ou entre collègues étant une institution, ces instants d'excès sont régulièrement intégrés dans les productions coréennes (des scènes quasi identiques se déroulent dans les séries japonaise).

Le "so-mec" (soju-bière)
On y boit du soju ou de la bière, parfois les 2 en même temps ! et il y a dans ce cas un petit tour de passe-passe qui consiste à faire tomber le verre de soju en équilibre sur un verre de bière et de boire "cul-sec".


Après quelques heures à ce rythme, même s'il y a toujours des accompagnements, il n'est donc pas étonnant de s'endormir sur place .. où l'on peut !

Ne soyez donc pas surpris de voir ce genre de rassemblement dans de nombreuses séries coréennes.
une scène de repas de cohésion dans la série
Hospital Ship 병원선

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20 octobre 2018

[Fiction] Le cadeau surprise

C’est l’heure de l’imprévisible où les mots me rejoignent enfin comme attirés de loin, virevoltant autour de moi comme des papillons, des plumes, dépôts des anges bienveillants. Je soupire malgré mon soulagement. Je ferme les yeux pour anéantir le goût des ombres qui pourraient surgir. Juste une seconde. Une mémoire d’avenue voilée de poussières enrubanne ma gorge nouée. Encore un instant. J’avance doucement sans rien chercher d’autre qu’un reflet inhumain mais qui me rassure. Lune éblouie. Tombée dans le cœur de la nuit à l’envers du lac voisin. Clapotement furtif du miroir indigo. Je pose mon stylo. Il est l’heure du thé. Infusion brûlante de chrysanthèmes blancs germée d’un refrain d’enfant. Je chante doucement. C’était il y a longtemps, c’était l’hiver. La table est dressée pour tous mes invités, les saugrenus, les farfelus, les impromptus. Tous sont venus à mon invitation enchantée.
Je porte ma jupe de mousseline comme une corolle d’arum. Je joue à la petite fille et ce sentiment me comble comme lorsque je prends une gorgée de caramiel ma douceur secrète. Ils vont certainement m’offrir un cadeau, je ne sais pas encore ce qu’ils cachent derrière leur dos, un lapin blanc, un livre de cuir, des chaussures de verre, tout me fera plaisir car j’adore les surprises. Le thé me tonifie, les scones fondent sous la langue gourmande, j’ai envie de frapper mes mains de joie, mes convives s’évanouissent. Dehors c’est l’automne qui laisse tomber les feuilles ; les moins résistantes partent en premier dans le grand élan vif, immuable répétition. Les oiseaux perçants viennent remplacer les étoiles à travers les branches sèches. Ils ne tombent pas. C’est le sommeil gardien.
Hiboux, corbeaux, plumes mordorées. Les vagues opalescentes s’enfuient comme des nuages à travers les cieux fabuleux. Oh comme je suis remplie d’allégresse alors que je distingue la petite barque qui m’attend sur la haute berge ! Elle ressemble à celle que le petit enfant de pierre aurait pu rêver dans les jardins de Kensington. Mais il est temps de traverser, je dois tenir ma promesse. Quelques mots encore et j’atteindrai la brassée des roses mauves que je désire prendre contre moi. Je reviens d’une île fantastique et c’est déjà un autre hiver qui m’attend. Le temps s’enroule comme autour d'une boucle sur la comète de nos vies filantes. Tu me disais autrefois : Ecris ce merveilleux poème sur la spirale infinie du temps, il est si nécessaire à mes songes et tu le contes si parfaitement ! J’avais souri à cette idée. Un jour peut-être...

VV-26 février 2007
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01 octobre 2018

[Film] Coherence - 2013 (US)

réalisateur : James Ward Byrkit

Résumé

Huit amis se retrouvent pour dîner tandis qu'une comète passe à proximité de la Terre. Une jeune femme, Em, appelle pour annoncer qu'elle est sur le chemin mais est surprise lorsque la vitre de son téléphone se brise. Une fois sur place, Em évoque sa mésaventure et un des convive explique qu'à cause de la comète, des phénomènes anormaux vont se produire. Lorsque l'électricité est coupée, deux convives se mettent dans l'idée d'aller voir les voisins et sortent de la maison. Ils mettent du temps à revenir et à leur retour, ils semblent déstabilisés et se disputent car l'un d'eux à rapporté une boîte qui aurait peut-être due être laissée là où elle était.

mon avis

Excellent film de science fiction basé sur la théorie du Chat de Schrödinger ou plus précisément sur la théorie des univers parallèles. Dans cette histoire, l'effet de la comète induit la coexistence de plusieurs maisons et personnages identiques qui finissent par s’emmêler dans une autre de leur réalité. Excellent suspens et globalement, une cohérence du scénario tout à fait plausible si l'on accepte la théorie des univers //.

avec

  • Nicholas Brendon : Mike (vu dans "Buffy et les vampires)
  • Maury Sterling : Kevin (vu dans Homeland)
  • Hugo Armstrong : Hugh
  • Emily Foxler : Em
  • Elizabeth Gracen : Beth
  • Lorena Scafaria : Lee
  • Alex Manugian : Amir
  • Lauren Maher : Laurie

9/10

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30 septembre 2018

[Film] Dans la brume - 2017 (FRANCE-QUEBEC)

Réalisateur : Daniel Roby

Résumé

Mathieu et Anna vivent à Paris, ainsi que leur fille Sarah atteinte d'une maladie respiratoire le syndrome de "steamberger" qui l'oblige, pour le moment, à vivre dans une sorte de cylindre en verre sous atmosphère contrôlée.

Un jour, quelques minutes après l'annonce d'un séisme s'étant produit en Suède et au Danemark, tout Paris est envahi d'une brume jaunâtre mortelle qui provient du sous-sol. Mathieu et Anna trouvent refuge chez leurs voisins, un couple de septuagénaires qui habitent dans le haut d'un immeuble, et ils tentent de trouver un moyen pour que leur fille ne soit pas touchée par la brume mortelle si celle-ci venait à pénétrer dans sa bulle.

mon avis

Globalement, j'ai bien aimé : le suspens est bien mené et la plupart des réactions sont cohérentes, même si j'ai trouvé que certaines choses arrivaient un peu trop facilement, car dans la "vrai vie", non, ça ne se passerait pas comme cela : quelle mère pourrait savoir exactement où sont les combinaisons dans un hôpital et la trouverait dans cette purée de pois ? mais si l'on passe ces légères facilités scénaristiques, le spectacle est bien là ! Spoiler [Personnellement j'avais compris dès le début la fin, le fait que beaucoup d'enfants étaient nés avec le même syndrome....]fin du spoiler.
J'ai bien aimé l'intégration du vieux couple qui apporte énormément à l'intrigue, avec les réflexions sur la vie, la perte d'un enfant etc...en plus Michel Robin est l'un de mes acteurs préférés ! 

avec

  • Romain Duris : Mathieu, le père
  • Olga Kurylenko : Anna, la mère
  • Fantine Harduin : Sarah, la fille
  • Michel Robin : Lucien, le voisin
  • Anna Gaylor : Colette, la voisine

rire : 0/10
émotion : 10/10
décor : 10/10
jeu d'acteurs : 8/10

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23 septembre 2018

[Film] La Tour sombre - 2017 (USA)

Réalisation : Nikolaj Arcel

Résumé

Sur la "Terre-clef", Jake, un jeune garçon a dans ses rêves de nombreuses visions d'un monde inconnu dans lequel une gigantesque tour sombre est bombardée par des faisceaux d’énergie, et lorsqu'il se réveille, la terre tremble comme s'il y avait un lien de cause à effet.
Dans l'univers du rêve, qui existe effectivement dans une autre dimension, vit le dernier pistolero dont la tâche est de protéger la tour qui permet de maintenir l'équilibre entre les mondes, et surtout d'empêcher les monstres d'un univers infernal d'envahir les autres mondes où elles sèmeraient le chaos. L'homme en noir, une sorte de sorcier très puissant cherchent à rompre cet équilibre et utilise la puissance psychique d'enfants pour parvenir à déstabiliser la tour.
Jake a naturellement un pouvoir psychique (le shining) qui pourrait venir à bout de la tour et, lorsqu'il est repéré, l'homme en noir fait tout pour l'enlever tandis que le pistolero tente de le sauver.

mon avis

Adaptation des romans de Stephen King, voici un bon film fantastique qui se laisse regarder, quelques scènes horribles c'est dommage car ce n'est pas pour tout public bien que le héros soit un jeune garçon de 11 ans.
Roland et Jake
Le plus : les passages d'une dimension à une autre, la "Terre-clef" qui ressemble  aux bidonvilles du film Elysium

Le moins : la fin, un peu trop rapide !

avec

  • Idris Elba : Roland
  • Matthew McConaughey : l'homme en noir
  • Jake : Tom Taylor
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[Roman] La quête du trésor du Temple par Jean d'Aillon (2018)


Résumé

Octobre 1307, Robert de L’Aigle et deux templiers assurent le convoi des archives et du trésor du Temple car le grand maître de l'Ordre, Jacques de Molay, est prévenu que le roi de France Philippe le Bel cherche à les récupérer sous  le (faux) prétexte que ceux-ci adorent Satan. Après avoir accomplit sa mission, Robert se retrouve sans ressources, ses "frères" ayant été tués ou emprisonnés pour être y torturés et avouer la cachette (qu'il est désormais le seul à connaître). A Paris où il compte se réfugier, il rencontre des voleurs qui, après avoir voulu l'occire, l'aident à rejoindre l'Angleterre sous une fausse identité. Mais Robert va devoir revenir en France afin de sauver son épouse tombée aux mains de Nogaret, le fourbe chancelier du roi qui n'hésite devant rien pour assurer sa fortune, et sa vengance.

extrait

En suivant les captifs, le coeur du Languedocien débordait d'allégresse. Il s'était attendu à une forte résistance de la part de ces moines-soldats, mais ceux-ce s'étaient comportés comme des frocards. Le roi serait content de lui.
Cependant, plus que les compliments du roi, un autre motif de satisfaction le comblait. Cinquante ans auparavant, son grand-père avait été arrêté et brûlé comme cathare. Des templiers qui lui étaient proches auraient pu le défendre, mais ne l'avaient pas fait. Maintenant, Nogaret tenait sa revanche. C'est lui qui ferait désormais brûler les chevaliers du Temple en les accusant d'hérésie. (p.33)

mon avis

Voici le dernier roman sorti cet été  et publié aux Presses de la cité après avoir été disponible en version numérique. Roman en deux parties "la traque de Robert de l'Aigle" puis "l'Attrapoire", nous suivons les més(aventures) de ce jeune homme qui, peu de temps avant de prononcer ses vœux de templiers, trouve l'amour tout en frôlant de près la mort. Jean d'Aillon nous régale encore une fois en nous emportant dans le moyen-âge brutal, frugal, létal, au coeur des ces guerres parfois fratricides et nous fait en même temps une révision de notre histoire, non sans humour.

Un très bon moment de lecture durant une semaine du mois d’août 2018 !

Clin d'oeil : l'histoire est reliée au "secret de l’enclos du Temple", une enquête de Louis Fronsac.

478 pages
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[Roman] Un bon jour pour mourir par Jim Harrison (1973)

Résumé

Un homme désœuvré, séparé de sa famille (il a une femme et une fille), passe son temps à aller à la pêche et à parier sur d'improbables parties de billard ; il fait alors la connaissance de Tim, un ancien militaire blessé du Vietnam qui l'invite à boire et à manger. Devant cette force de la nature pourtant abîmée, le narrateur évoque la construction d'un barrage dans le Grand Canyon. Tim se met en tête de la faire exploser et les voilà sur la route, en compagnie de Sylvia, la petite amie de Tim, pour une road-story mouvementée entre réflexions sur la place de l'homme dans la nature et la place de la femme dans la vie d'un homme.

extrait

- Ils vont construire un barrage sur le Grand Canyon, dis-je, à mi-chemin, en traversant Duval Street.
Tim s'arrêta et me regarda, perplexe. Une voiture klaxonna.
- Tu te fous de moi ?
- Non.
Nous entrâmes dans le restaurant et l'hôtesse, après un coup d’œil averti, nos installa dans un coin, aussi loin que possible de autres clients.
- Où as-tu entendu une chose pareille ? demanda-t-il en consultant la carte.
- Je l'ai lu quelque part. C'est vrai.
Pendant un moment, j'avais été pris de court. Ce n'était de ma part qu'une simple divagation.
- Tu es sérieux ?
- Ma parole d'honneur, dis-je en levant mes deux doigts, tel un chef scout.
- Mon dieu ! Alors il va se remplir d'eau ? Il était visiblement troublé et je cherchais à détourner la conversation. (p.26)

mon avis

C'est un bonheur d'avoir à lire encore quelques romans avant d'achever la lecture de tous les romans de Jim Harrison. Ce livre fait partie des tous premiers puisque c'est son deuxième roman (après Wolf). Jim Harrison dessine déjà le personnage type qu'il mettra en scène dans une bonne partie de ses romans : un homme tiraillé, souvent solitaire, désabusé mais bon vivant, souvent fauché, aimant la nature, la pêche autant que les femmes mais les craignant aussi un peu, surtout celles appartenant à un autre. La destruction de l'environnement naturel, la description de paysages se superpose toujours avec le passé peu glorieux des américains non natifs ayant pris le dessus sur les indiens à force de roublardise.
Le style de narration, toujours riche, très peu superficiel, nous emporte dans une réflexion sur la vie, ses motivations, ce qui nous fait "aller de l'avant", même si le personnage principal, comme souvent, se retrouve seul, sacrifiant son propre bonheur immédiat pour quelque chose de moins égoïste.

A good day to die.
traduit de l'anglais (américain) par Sara Oudin
210 pages

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15 septembre 2018

[Feuilleton] Witch's Love - 2018 (Corée du sud)

réalisateur : Park Chan Yul

Résumé

Lorsque son petit ami l'abandonne, Cho Hong, une jeune sorcière, perd ses pouvoirs. Elle va voir, en cachette de sa grand-mère et de la soeur de celle-ci, une sorcière qui oeuvre dans la magie noire et lui prédit qu'elle retrouvera ses pouvoirs si elle est embrassée par l'homme qui lui est destinée ; pour le reconnaître, une paire d'oreilles magiques tinteront lorsqu'il s'approchera d'elle. Mais quelle n'est pas sa surprise de voir que son "homme" n'est autre que  Ma Seong Tae, l'imbuvable propriétaire de leur immeuble qu'il vient juste d'acheter et qui désire les exproprier. Or les 3 femmes y tiennent un restaurant de soupe depuis de nombreuses années et tout Séoul se bouscule tellement la recette est un délice.
Seong Tae de son côté a reconnu dans l'immeuble l'endroit où il a été emporté 25 ans auparavant, alors victime d'un enlèvement qui lui a laissé une cicatrice sur la poitrine et rendu amnésique. Il espère qu'en habitant dans les lieux, la mémoire lui reviendra.

mon avis

Excellente petite série que j'ai adoré regarder, les acteurs sont mignons, un soupçon de magie, beaucoup d'humour et de comédie. Que demander d'autre pour se détendre après une dure journée ?

12 épisodes d'une heure avec :
  • Hyeon Wu : Seong Tae, le PDG propriétaire de la maison
  • Yun So Hee : Cho Hong, la jeune sorcière
  • Hong Bin (du groupe VIXX) : Jae Wuk, l'amoureux d'enfance de Cho Hong
  • Kim Yeong Ok : Maeng Ye Sun, la grand-mère de Cho Hong
  • Go Su Hee : Jo Aeng Du, la petite soeur de la grand-mère

8/10

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[Film] The Princess and the Matchmaker - 2018 (Corée du sud)

Réalisateur : Hong Chang Pyo

Résumé

Afin de faire cesser la sécheresse qui sévit dans le royaume de Joseon, les ministres et les honorables de la cour implorent le roi de marier la princesse Song Hwa. Un jeune noble est chargé d'établir les quatre piliers de la destinée de la princesse et de les comparer à ces prétendants dans le but de déterminer lequel a le plus de chance d'être le meilleur époux. Mais la princesse ne l'entend pas ainsi et décide de sortir incognito du palais afin d'aller dans chaque famille des 4 derniers prétendants sélectionnés et découvrir ainsi la vrai personnalité de ceux-ci.

mon avis

Une comédie où l'on retrouve Lee Seung Gi après l'époustouflant drama "A korean odyssey" qui marqua son grand retour après ses années de service militaire. Une sorte de vaudeville à la mode coréenne, assez drôle et que j'ai eu plaisir à regarder cet été, mais j'ai trouvé certains passages moins réussis, donc un film inégal, par ailleurs la romance entre les 2 personnages principaux n'est pas assez développée, au détriments de scènes inutiles qui font parfois retomber l’enthousiasme du spectateur.

avec

  • Shim Eun Kyung : Song Hwa, la princesse
  • Lee Seung Gi : Seo Do Yun, l'astrologue

7/10

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[Film] Detective K : Secret Of The of the Living Dead - 2018 (Corée du sud)

Réalisateur : Kim Seok Yun

Résumé

Le détective Kim cherche le vrai du faux dans les légendes évoquant les vampires. Sa rencontre avec une femme qui semble dotée d'un pouvoir surhumain mais qui a perdu la mémoire, l'intrigue et le subjugue. Sur les traces d'un assassin en série, un vampire ?, Kim Min, toujours assisté de son fidèle Seo Pil n'est pas au bout de ses surnaturelles surprises.

mon avis

Troisième film des aventures du détective Kim, c'est toujours aussi amusant, horrifique mais surtout d'une grand pouvoir comique, du moins à mes yeux. Je recommande vivement de regarder les 3 films pour passer un bon moment, d'humour, dans le XVIIIème siècle à l'époque Joseon.

avec

  • Kim Myeong Min : detective K
  • Oh Dal Su : Seo Pil
  • Kim Ji Won : Wol Yeong, la revenante

8/10

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[Film] Detective K: Secret of the Lost Island - 2015 (Corée du sud)

Réalisateur : Kim Seok Yun

Résumé

Corée, 1795. Le roi Jeongjo demande à son fidèle Kim d'enquêter sur un trafic d'argent contrefait qui circule dans le pays. A la suite d'une mésaventure, Kim est exilé sur une île où il rencontre une petite fille très intelligente qui cherche sa soeur qui a été enlevée. Bientôt, le cadavre de nombreuses petites filles sont repoussés sur la plage, Kim décide alors de s'évader, aidé de son acolyte Seo Pil et découvre une véritable organisation de contrebandier liés à des mercenaires japonais.

mon avis

Deuxième film (d'une série de 3), nous retrouvons le détective Kim (Kim Myung-min), une sorte de Holmes coréen, qui grâce à un grand sens de l'observation, mais à une grande capacité d’ingénierie, parvient à déjouer les pièges tendus soit par des politiciens véreux, soit par des contrebandiers sans foi ni loi. Il s'ensuit des scènes d'action à mourir de rire, et toujours de superbes images. Le détective Kim, qui ne semble pas avoir d’épouse, est cependant toujours interdit comme un enfant devant une belle récompense. Dans cet opus, le rôle de la femme fatale est tenu par une gisaeng (courtisane, comme la geisha japonaise).
J'adore !

avec

  • Kim Myeong Min : detective K
  • Oh Dal Su : Seo Pil
  • Lee Yeon Hee : Hisako, la ginsaeng

8/10

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[Film] Detective K : Secret of Virtuous Widow - 2011 (Corée du sud)

Réalisateur : Kim Seok Yun

Résumé

Fin du XVIIIème siècle en Corée. Suite à d'étranges meurtres irrésolus dans la capitale (les victimes n'ont aucune trace apparente), le roi Jeongjo charge  Kim, son enquêteur des affaires extraordinaires, pour découvrir ce qui se trame contre lui et l'envoie en province. En chemin, Kim rencontre Han Seo Pil, qui devient son serviteur. Ils arrivent dans la province  où le commerce semble contrôlé par un certain maître Han, qui s'avère être une très belle femme. Kim cherche à savoir ce qu'est devenue la belle-fille du ministre Im après qu'elle se soit jetée d'une falaise après le décès soudain de son époux.

mon avis

Premier film (d'une série de 3) autour du détective Kim (Kim Myung-min), un noble doté d'un haut pouvoir de déduction mais assez maladroit, secondé d'un comparse (Oh Dal-su) plus pragmatique. Ceci donne un film qui allie la comédie au drame, dans un milieu confucéen très codifié où une certaine élite ne recule devant rien, même pas le sacrifice de leur famille, pour s'enrichir.

Un film très drôle, très beau visuellement : les plans, les costumes, les paysages ! Vous allez passer un très bon moment de cinéma, digne des anciens films de cape et d'épée de ma jeunesse.

avec

Kim Myeong Min : detective K
Oh Dal Su : Gae Jang Su
Han Ji Min : Han Gaek Ju/la veuve

8/10

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26 août 2018

[Feuilleton] Witch's Court - 2017 (Corée du sud)


Résumé

Une équipe de procureurs est chargée des cas de crimes sexuels. Parmi ceux-ci arrive Ma Yi Deum dont la mère fut une victime 20 ans auparavant de Jo Gab Soo, un politicien véreux qui brigue désormais un mandat de maire ; la mère a disparu le jour où elle apportait son témoignage à Min Ji Suk, la procureure qui s'est promis de faire tomber Jo Gab Soo pour les atrocités qu'il a commises sur plusieurs femmes et qui a été acquitté.
Yeo Jin Wuk intègre également l'équipe, récemment procureur après avoir eu une carrière de psychiatre.

Yi Deum et Jin Wuk travaillent dans le même bureau et sont aussi voisins de pallier car elle loue (sans le savoir) l'appartement de Jin Wuk. Mais les deux jeunes procureurs ne s'entendent pas vraiment et ont des personnalités totalement opposées. Les deux font malgré tout équipe pour rétablir la vérité et la justice.

Leur grande affaire sera la longue quête de preuves pour accuser Jo Gab Soo, habitué à soudoyer des hommes politiques ou industriels afin de gagner de plus en plus de pouvoirs. Lorsque Jin Wuk découvre que sa mère est en partie responsable de la "disparition" de la mère de Yi Deum, il se range aux côtés de Yi Deum dont il comprend la détresse et pour laquelle il éprouve une sincère affection au fil du temps.

mon avis

Une très bonne série que j'ai pu regarder en une semaine (l'avantage de regarder un feuilleton déjà fini dont on peut voir tous les épisodes à la suite sans devoir attendre la fin durant des semaines..).

Beaucoup d'émotions (rires, larmes !) mais aussi beaucoup trop de boissons alcoolisées ! mon dieu toutes ses bières bues à même la canette... 
Au final, l'histoire ne traîne pas trop en longueur même si la série aurait pu être raccourcie d'au moins 2 épisodes, et il est agréable de voir à la fin que le "méchant" est rattrapé par son passé et paye pour tous ses crimes.

Le point fort : pas de relation "Aegyo*" entre les deux personnages principaux et tant mieux car je trouve cela insupportable

Le point faible : pas mal d'éléments du scénario "cheveux sur la soupe" avec des informations hasardeuses absolument pas crédibles (carte de visite par terre,  femme empêchée de sortir d'un ascenseur ? etc...)


  • 마녀의 법정
  • réalisateur : Kim Yeong Gyun
  • 16 épisodes d'1h (vus en coréen)
  • acteurs :
    • Jeong Ryeo Won (Ma Yi Deum, procureure)
    • Yun Hyeon Min (Yeo Jin Wuk, procureur)
    • Kim Yeo Jin (Min Ji Suk, leur chef)
    • Jeon Gwang Ryeol (Jo Gab Su, le politicien véreux, ex policier)
    • Jeon Mi Seon (Go Jae Suk, la mère de Jin Wuk)
    • Lee Il Hwa (Gwak Yeong Sil, la mère de Yi Deum)

8/10

*faire des aegyo = faire des gestes ou s’exprimer de façon enfantine à l'âge adulte
-->> faire des coeurs avec ses mains, imiter le petit chat ou le petit lapin...la liste des aegyo est malheureusement longue et pour moi incompatible avec la dignité humaine ;-)
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15 août 2018

[Nouvelles] Dernières nouvelles Jim Harrison (2013, 2016)


Résumé

Les œufs (110 pages)

Une jeune femme qui désire plus que tout s'occuper de ses poules et vivre dans sa ferme isolée, ne renonce pas à devenir mère.
Elle voyait la vie comme un tourbillon permanent dans lequel les gens se comportaient affreusement. A quoi bon pardonner les premiers tourbillons ? Elle savait néanmoins que,si sa mère le demandait, elle lui pardonnerait, convaincue qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Le passé survit en chacun de nous. Peu importent les coups reçus, ces blessures ne sont que les déchets informes de la mémoire, si souvent manipulés qu'ils deviennent indolores, à peine vivants. (p.93)

Le-chien (123 pages)

Chien Brun a bien du mal avec Gretchen, son épouse lesbienne et son identité de père. Il est également en quête de son identité véritable qu'il découvre enfin.
Gretchen lui rappelait une chanson qu'il détestait, You can't always get what you want. Cette femme suscitait chez lui une kyrielle d'espoir, mais il se retrouvait toujours les mains vides avec elle. Il ne comprenait pas cette capacité qu'il avait de la désirer et il croyait qu'il ne la comprendrait jamais. Il soupçonnait que c'était ce que tout le monde appelait l'amour, un truc auquel il ne pigeait rien car, e disait-il, il n'avait pas eu de mère dont il pouvait se souvenir. On commence par aimer sa mère et puis on va de l'avant. Il se souvenait d'une vague silhouette dans un chalet surchauffé où il étouffait. Cette forme floue versait de l'eau froide sur lui et il respirait enfin. (p.148)

L'affaire des bouddhas hurleurs (49 pages)

L'aide de l'inspecteur à la retraite Sunderson est requise pour récupéré les enfants d'un magnat embringués dans une secte ; parallèlement à son enquête, il succombe au charme vénéneux d'une gamine de 15 ans.
Bon. Voilà le scoop. J'ai envoyé un chèque de trois mille boules à l'ne de mes filles, Margaret, pour qu'elle se paie des fringues, parce qu'elle avait rien que des A à la fac. Elle a fait encaisser mon chèque par une organisation appelée le Cercle du Ciel et de l'Enfer. J'ai demandé à un vieux pote du département des sports de vérifier tout ça. C'est un groupe de bouddhistes zen dirigé par un maboul californien. Attention : je ne suis pas idiot au point d'ignorer que les bouddhistes zen constituent une confrérie très respectée. Mais ce connard s'est pointé avec sa grande robe noire pour embrigader une tripotée de paumés. Il fait fait hurler comme des singes. (p.255)

mon avis

Une lecture particulièrement dramatique que ce dernier livre de Jim Harrison décédé l'année dernière. Heureusement, il me reste 5 livres à lire, et comme ce sont des livres jusqu'à l'an 2000, je pense que je ne serai pas déçue. En fait, je suis rarement déçue par cet auteur, seulement parfois exaspérée par sa récente habitude de décrire des scènes de sexe entre un homme d'âge très avancé (autour de 70 ans) et de très jeunes filles (15 ans) car cela me met mal à l'aise, et le fait passer pour un auteur pervers : je n'aime pas cela car Jim Harrison est pur moi le plus grand auteur qu'il m'ait été de découvrir (et aimé) de son vivant (l'autre auteur que j'affectionne presque autant est Stefan Zweig mort en 1942, donc bien avant ma naissance).
Chaque nouvelle aborde (comme toujours) les thèmes de la nature, de l'humain, de l'identité, sans oublier les origines scandinaves de certains personnages ou une infirmité.

On retrouve également dans ces 3 nouvelles les personnages de Chien Brun et de Sunderson, dans leur derniers exploits.

Où apparaît Chien Brun (dans les livres que j'ai lus jusqu'à présent) :
1) La femme aux lucioles (1990)
2) L'été où il failli mourir (2005)
3) Les jeux de la nuit (2009)
4) Dernières nouvelles

Où apparaît Sunderson  (dans les livres que j'ai lus jusqu'à présent) :
1) Grand maître (2011)
2) Péchés capitaux (2015)
3) Dernières nouvelles

Je compléterai cet inventaire à la fin de mes lectures


Pour retrouver toute la bibliographie de Jim Harrison : mon site est sur ce lien

  • The ancient ministrel / Brown dog
  • traduction par Brice Matthieussent
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05 août 2018

[Roman] Instantanés d'Ambre par Yôko Ogawa (2015)

Titre japonais : Kohaku no matataki

Résumé

De nos jours monsieur Amber, un vieux pensionnaire de ce qui semble être une maison de retraite, est observé par une femme qui connaît son secret.
Quelques années auparavant, une mère voulant échapper à un chien "maléfique" emménage avec ses enfants (deux garçons et une fille) dans une maison entourée d'un haut mur et les oblige à oublier leur identité : pour cela ils choisissent leur nouveau nom dans une encyclopédie : ce sera Opale, Ambre et Agate. Durant des années, ils vivent avec interdiction de sortir du jardin, et, livrés à eux-mêmes, ils se réfugient alors dans leur univers d'occupations, de lectures, de jeux, complètement fantasmagoriques dans lesquels leur soeur morte peut reprendre vie.
La malheureuse enfant de leur mère revivait dans un coin d’encyclopédie où se trouvaient répertoriées toutes les choses du monde.
Un jour, la mère amène un âne chargé de brouter leur herbe :
L’âne, ce drôle de visiteur qui se contentait de brouter en silence, apportait aux enfants un moment de joie intense. Dans leur esprit, l’année se partageait désormais en deux périodes, avant et après le passage de l’âne du chauffagiste. Ces deux périodes étaient reliées par les six jours de l’âne. Il était comparable à un ruban. Leur enfermement dans ce temps monotone n’était pas noué avec une banale cordelette mais avec une jolie faveur.
La mère se rend à son travail et c'est ainsi qu'un jour en son absence, l'un d'eux sort du jardin et fait la connaissance d'un colporteur qui peut leur offrir des merveilles qu'ils n'ont jamais vues. L'harmonie de leur univers clos est rompue et cette fissure va être le début de leur délivrance.

mon avis

J'ai retrouvé dans ce dernier Ogawa les thèmes qu’elle affectionne tant : l'eau (la fontaine, le ruisseau, la neige,...), le pouvoir de l'encyclopédie, les insectes, la pâtisserie, les cavités secrètes... mais l'histoire de cette mère folle et de ses enfants livrés à eux-même la plupart du temps, m'a mise mal à l'aise : j'avais hâte que leur réclusion soit découverte ; le lecteur sait que c'est le cas puisque le roman est divisé en deux narrations : tout d'abord la narration du présent avec la femme qui observe le vieux monsieur Amber dans le milieu hospitalier,
Ceux qui bavardaient au salon après le repas se sont-ils déjà retirés ? Ont disparu le brouhaha des conversations et le son du piano que l’on entendait un moment plus tôt : le vestibule a retrouvé son calme. Même s’il n’y a pas de fenêtres, la présence de la nuit flotte à nos pieds et l’on sait que l’extérieur est plongé dans le noir complet, il n’y a même pas de clair de lune. Tout au bout du vestibule on aperçoit dans la pénombre la porte qui donne accès au pavillon B.
puis celle du passé où les enfants vivent très librement mais sous l'influence néfaste de leur mère qui est complètement "à la masse". Cela m'a fait mal de lire ses enfants abandonnés à eux-même et à leur fantasmes, habillés comme des personnages de théâtre, avec des ailes, avec une couronne... car même s'ils ne semblent pas souffrir de leur état, le lecteur sait que la situation est anormale et que cette expérience va les marquer à jamais.
Ils se mettaient ensuite à courir un peu partout à travers le jardin, cherchant des cigales plus grosses. Rayons de soleil lumineux, nuages balayés par le vent dans les bois de mélèzes, ciel bleu à l’infini. La source qui s’était tarie au cours de l’été était revenue à la vie et le filet d’eau qui coulait des rochers en bordure du mur de briques avait retrouvé sa transparence. Quand réapparut Agate qui s’était frayé un passage entre les racines du mimosa dont les branches qui poussaient en liberté étaient tout enchevêtrées, Ambre laissa échapper un cri. En un instant, le benjamin semblait métamorphosé en une autre créature. — Qu’est-ce qui t’arrive ?
Ogawa, Yôko. Actes Sud Littérature. Édition du Kindle. 
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