04 mars 2024

[PATRIMOINE] La maison de Balzac

Je reprends mes publications dédiées au patrimoine touristique sur ce blog, après dix ans d'arrêt : mon dernier article remonte en effet à 2014 et présentait le lien vers mon blog de voyage en Nouvelle-Zélande. 

maison de Balzac vue depuis la rue Raynouard à travers les grilles

Pour la reprise des articles, je vous emmène avec moi visiter la maison de Balzac, située dans le 16è arrondissement, qui fait partie des musées de la ville de Paris. En théorie, l'accès en est gratuit sauf l'accès à l'exposition temporaire, mais ici l'exposition étant au même endroit (même entrée), il faut payer 9 € ; j'avoue avoir été surprise car ce n'est pas "donné" pour une exposition somme toute très spécifique et pas forcément à mon goût, pour moi, 5 € aurait été largement suffisant ! L'exposition actuelle est consacrée aux parisiens :


Balzac a habité un étage de cette maison durant 7 ans (5 pièces) sous un nom d'emprunt car il souhaiter échapper à ses créanciers ; il n'habitait pas la maison entière mais l'actuel rez-de-jardin : les étages inférieurs étant loué à d'autres locataires. La petite histoire indique que l'escalier qui descend sur la rue en contrebas lui permettait de sortir en douce si un inopportun sonnait à la porte.

L'accès au musée se trouve dans la rue Raynouard et l'on aperçoit à travers la grille la maison en son jardin (image au début de l'article) ; il y a un café (accès gratuit) au niveau du rez-de-jardin (ww.rosebakery.fr)

Café "Rose Bakery" au rez-de-jardin

Au niveau de l'ancien appartement de Balzac, l'étage est légèrement meublé avec quelques meubles provenant de son dernier domicile aujourd'hui détruit : Balzac avait en effet acheté la chartreuse Beaujon, rue Fortunée (devenue rue Balzac) pour s'y installer avec sa dernière épouse : ce fut sa dernière demeure

Chartreuse Beaujon, aujourd'hui détruite (rue Balzac)

Voici un aperçu des salles visitées, mais je vous encourage à y aller pour profiter de l'ambiance et du quartier :

de gauche à droite et de haut en bas
bureau de Balzac - expo temporaire "les parisiens"
matrice d'impression des éditions de la comédie humaine (très intéressante) - dans le salon cheminée

Mes impressions finales :

(+) Scénographie un peu trop basée sur la lecture (beaucoup d'informations sur les murs). J'ai pris de l'intérêt à la vie de Balzac que j'ai étudié en classe il y a bien longtemps et j'ai téléchargé quelques romans sur ma liseuse sur le site Ebooks libres et gratuits (ebooksgratuits.com).

(-) Prix d'entrée élevé pour un musée de la ville de Paris, manque des meubles pour faire vraiment l'aspect d'une "maison" (pas de reconstitution de chambre, salon ou salle à manger, bains etc..).


Visite réalisée le 27 mars 2024

03 mars 2024

[JOURNAL] Le souvenir de Manhattan

Je devais avoir 15-16 ans quand j'ai vu Manhattan, de Woody Allen, pour la première fois au cinéma en version originale. Au souvenir de ce film, j'ai un sentiment de joie très réel et stupéfiant quasi impossible à expliquer. Sans doute la vision de la tendresse de ma jeunesse, à l'aube d'une liberté imaginée et quelque fois réalisée.

J'ai acheté le film en DVD très récemment, à un prix très modique (moins de 10 euros à la Fnac) et je l'ai revu dimanche dernier. D'abord en français, puis en VO. Je vous explique. J'ai été surprise et agacée de constater que la voix française de Mariel Hemingway (Tracy) est celle qui double Melissa Gilbert (Laura Ingalls dans la petite maison dans la prairie). Cela m'a horriblement contrariée car je trouve que cette voix ne "colle" pas du tout au personnage. Ainsi, j'ai voulu dans la foulée revoir le film en VO pour oublier cette impression !

Rhapsody in blue, la superbe composition de Gershwin, m'a fait plonger encore plus loin dans ce sentiment de béatitude où toutes les vies pouvaient être à moi. Pour peu que je m'en donne les moyens et la volonté. Que la jeunesse est "formidable" dans sa conception de l'humanité et du destin que l'on peut espérer !




Quelques répliques qui m'ont fait sourire et que j'ai notées à la volée :
  • ...vous en connaissez des gens géniaux ; vous devriez fréquenter des imbéciles, cela vous ferait voir du pays... (Isaac à Mary)
  • ...c'est un orage magnétique, vous voulez finir dans un cendrier ? (toujours Isaac à Mary, tentant d'éviter les éclairs)
Désopilantes aussi les réparties au sujet du cancer, lorsqu'à plusieurs reprises, Issac met en garde contre des choses aussi diverses que la cigarette, les saucisses de Francfort (^^) et le Valium.

Et Meryl Streep (Jill), magnifique, qui se mettait déjà en ménage avec une femme, quelques années avant son rôle dans Kramer contre Kramer... Le "PACS" avant l'heure, décidemment, ils sont toujours en avance ces américains...

Et Diane Keaton (Mary) perdue d'illusions dans sa quête d'un amour stable et pas trop compliqué, mais est-ce raisonnable ?

Revoir ce film m'a fait du bien. C'est pourtant un film plutôt morose, répandant des névroses comme autant de graines qui ont toutes les chances de germer, arrosées par la réalité incessante de nos désillusions. Pour ma part, j'ai eu l'impression d'être à nouveau dans la salle à Nancy, avec mes amies Carole et Isabelle, mes "copines" de l'époque. Ce sont toujours mes amies d'ailleurs. Je me demande si elles se souviennent de ce film autant que moi.

[JOURNAL] Bleu blues

Billet de 2005.

Décidemment, je ne sais pas pourquoi, après un été plutôt frisquet, cette chaude rentrée me donne envie de me replonger dans des instants passés, au lieu de me concentrer sur l'avenir, comme la plupart le font. Peut-être est-ce l'actualité du monde, bien sombre, qui se déploie comme un paravent, m'empêchant de distinguer l'avenir à court terme. Peut-être est-ce la fragilité de nos êtres qui me fait me rappeler que je suis moi aussi une charpente bien fragile, comme un roseau dans la tempête.

Tout ça pour dire qu'hier soir, j'ai eu envie de revoir "Bleu", de Krzyszof Kieslowski, mettant en scène une lumineuse Juliette Binoche. Ce film, j'ai dû le voir une vingtaine de fois, et à chaque séance, je retrouve la même émotion. Je suis loin de l'indifférence que l'on peut ressentir devant une "redif", car Julie-Juliette, émouvante dans son désespoir, me donne une leçon de choses. Ce film, et tous ceux de Kieslowski, agit sur moi comme un baume sur une plaie.

Peut-être est-ce la bande-son, lancinante. Peut-être est-ce la lumière réfractée d'azur qui miroite tout au long du film. Peut-être est-ce le souvenir des circonstances de la première fois où j'ai vu ce film, dans une salle parisienne du 15ème. Peut-être est-ce le regard de cette mère qui lutte contre ses souvenirs et qui découvre une voie pour retrouver l'envie de vivre.

J'éteins la télé. Il faudra que je me l'achète en DVD.