24 mai 2024

[TOURISME] La Suède : le projet Abba etc

Mon envie de Suède a débuté en 1974 parce que je suis tombée en admiration pour le célèbre groupe Abba lors de l'eurovision ; à cette époque l'émission télévisée avait beaucoup de succès et nous regardions l'émission en famille. Bien qu'en France nous n'avions pas eu cette année là, la diffusion en direct, ce dont je ne me rappelle pas du tout, il me semble en revanche me souvenir avoir été frappée comme on peut être frappée par la foudre en entendant Waterloo.

Je n'ai eu de cesse de m'intéresser à ce pays et bien sûr au groupe ABBA dont j'ai acheté les disques au fur et à mesure de leur sortie les années suivantes. Je me souviens avoir même fait un album de famille avec les articles que je découpais dans les magazines, et je fus folle de joie lorsque mon amie Isa me rapporta d'Angleterre une revue spécial ABBA. Je ne parle pas des posters que j'avais aussi dans ma chambre : la classe internationale !

Le groupe Abba n'était pas mon seul attachement à la Suède car je suivais aussi la carrière du joueur de tennis Björn Borg, et également tous les matches de football où il était question de la Suède. A l'école, il y avait aussi la possibilité de demander un correspondance scolaire et j'avais coché "correspondant suédois anglophone" avec l'espoir d'aller en Suède, hélas je n'ai jamais eu de match, et jamais eu de correspondant.

C'est pourquoi lorsque ma soeur a suggéré la Suède comme voyage pour fêter mes 60 ans, je n'osais y croire et j'ai mis quelques jours à réaliser avant de me mettre à l'apprentissage du suédois, histoire de me débrouiller un peu. Au bout de deux mois j'ai arrêté car les phrases étaient bien trop sophistiquées pour mon besoin de tourisme : à 60 ans je ne me sens pas la force ni l'envie de me compliquer la vie. La suite vous indiquera que si l'on parle anglais à Stockholm on est sauvé, sinon, ce n'est pas la peine : il n'y a rien en français, même si certains le parlent.

Avec ce billet j'introduis le récit à venir du voyage ("de ma vie") en Suède, je le poursuivrai dès mon retour car demain je repars en voyage.

45 tours, édition originale de 1974




27 avril 2024

[TOURISME] Le voyage d'une vie : Stockholm ou comment passer le cap des 60 ans

Dans les prochains articles, je vous emmène avec moi à Stockholm, je vous raconterai le projet, l'organisation, le transport, le logement, la nourriture, les visites du patrimoine (musées et architecture générale urbaine) et toutes mes impressions sur ce voyage qui restera l'un des plus personnels pour plusieurs raisons.

Stockholm, avril 2024


[LITTERATURE] Qiu Xiaolong et son double Chen Cao

A travers le cycle de l'inspecteur Chen Cao, Qiu Xiaolong nous concocte de véritables portraits de la Chine à partir des années 90 au travers des enquêtes menées par un inspecteur atypique : Chen Cao. Comme son double littéraire, l'auteur a été victime de la révolution culturelle : son père était professeur, celui de Chen Cao est un ouvrier devenu directeur d'une parfumerie à la suite d'un concours de circonstances dont il a pu un temps tirer profit avant d'être déchu. Dans les deux cas, deux métiers "de nantis" hautement dénigrés par Mao et donc direction l'opprobre sociale et la rééducation pour les deux pères et leur famille.

Après avoir été étudiant à Saint-Louis (Missouri), l'auteur a décidé d'y rester et a commencé la prolifique carrière littéraire que l'on connait. On découvre ceci dans le dixième tome du cycle de Chen Cao qui mêle les souvenirs de l'auteur avec l'enfance et les débuts de Chen Cao, qui sera pour lui le témoin d'une Chine qui peut difficilement s'affranchir de la corruption même au plus haut sommet.

Pour ma part j'assimile Chen Cao au personnage de Don Quichotte : il est généreux, idéaliste. Il cherche à découvrir la vérité mais il sait aussi comment se préserver afin de ne pas être éliminé. Ce qui caractérise Chen Cao est sa capacité à s'attirer l'aide d'inconnus, parfois à leur perte. Chen Cao est un épicurien et fin gourmet : avec lui nous découvrons, parfois avec dégout (cf. les singes ou les poissons mangés vivants) les mets et spécialités chinoises. Contre toute attente, mais sans surprise s'agissant d'un héros récurent, il arrive à bout de ses enquêtes ; lorsque celles-ci mettent à mal le parti unique en Chine (le Parti communiste chinois), il sait faire le gros dos. Dans la 9è enquête "Dragon bleu, tigre blanc" il manque d'être tué car sa cible est trop proche du pouvoir ; le roman est inspiré d'une véritable affaire de corruption qui a défrayé la chronique.


Vingt ans s'écoulent entre la première enquête "Mort d'une héroïne rouge" (1990, Chen Cao a 30 ans) et la neuvième "Dragon bleu, tigre blanc" où l'inspecteur approche la cinquantaine et c'est ainsi que je l'imagine (voir illustration).

Les romans sont des portes ouvertes sur la société chinoise que peu d'entre nous aurons la possibilité de découvrir un jour et c'est sans doute cela qui me fascine : Shanghai, son architecture, ses Shikumen, ses parcs, le Bund, la rue de Nankin, autant de mots exotiques qui laissent place à l'imagination.

L'auteur transmute certaines personnes familières dans ses romans, ainsi la poignante histoire de son ami "Lu" qu'il fait vivre sous les traits de Lu le Chinois d'Outre-Mer. L'auteur a perdu la trace de son ami au gré de ses visites périodiques en Chine et se désespère de pouvoir le retrouver un jour. Dans ses romans, il lui donne la renommée que son ami aurait pu avoir si la vie en avait décidé autrement.

Le héros charismatique de ce cycle littéraire hautement recommandé a une autre particularité : malgré ses nombreuses aventures aucune ne l'attache et c'est en célibataire que Chen Cao traverse les neufs premiers tomes : une certaine façon pour l'auteur de préserver son indépendance, de limiter les pressions qu'il pourrait subir (en dehors des pressions exercées sur sa mère).

J'espère que la suite lui donnera une compagne à sa mesure.


Vous pourrez découvrir mes résumés et avis sur mon blog littéraire :  Lectures En Contrepoint en suivant ce lien Cycle Chen Cao.


Illustration : Kōji Kikkawa

24 mars 2024

[RÊVE] COOKIES A LA DEMANDE

Je prends le thé avec une amie (que je ne connais pas dans la vraie vie). Elle m'explique qu'elle possède une invention extraordinaire pour créer des cookies à la demande. 

Je suis évidemment intéressée de voir cela et lui demande de me faire une démonstration. L'amie sort alors plusieurs petits sacs de la taille d'un kilo de farine, ce sont de beaux petits sacs en velours fermés par une cordelette soyeuse. Elle m'explique qu'il faut plonger la main dans un sac marron, prendre l'équivalent d'une poignée de matière que l'on dépose dans un autre sac qui lui est vide, un sac tout blanc. Elle glisse la main dans un sac, la ressort et dépose sa récolte dans le sac vide, elle recommence plusieurs fois l'opération en s'essuyant bien la main à chaque fois avant de la plonger dans un nouveau petit sac de velours. Je regarde perplexe le mouvement des mains, elle a l'air d'avoir l'habitude et ne fait rien tomber à côté : farine, sucre, chocolat, noisette, ... Quand le sac blanc semble assez gonflé, elle m'explique que le gâteau est presque prêt. Elle prend alors une grosse masse, énorme et tape avec la masse sur le petit sac blanc d'un coup sur la table. Je sursaute mais elle me rassure en me disant que tout est normal et que le cookie va être excellent. Elle plonge alors la main dans le sac blanc et en ressort un parfait cookie légèrement doré et parsemé de billes de chocolat que je mange d'un seul coup. Alors que je m'apprête à réaliser mon propre cookie (je salive déjà à l'idée de ce que je vais y mettre et notamment des noisettes), elle me murmure "fais bien attention car tous ces ingrédients sont très chers, il faut y aller avec parcimonie sur la quantité et le résultat sera meilleur". Je regarde les petits sacs de velours et je me dis que cela ne m'étonne pas du tout car toute invention mérite d'être bien payée.

Rêve du 10 août 2012
Illustration : photo personnelle

20 mars 2024

[RÊVE] BLACK SWAN


 

1er acte.

Je dois rejoindre mes anciens collègues de travail dans une salle de spectacle. J'arrive habillée comme Natalie Portman dans "Black Swan" et je marche sur mes pointes de pieds, entourée de deux hommes qui me supportent car j'ai peur de trébucher dans l'allée en pente. J'aperçois très nettement mes chevilles noires dans les chaussons à pointe, elles semblent dures comme du bois mais ne me font pas vraiment mal, je suis même fière d'être costumée ainsi, car je me rends compte dans mon rêve que c'est un déguisement. Un temps.

2è acte.

C'est la fin de l'année et mon amoureux m'emmène souper avec la troupe de danse dans un restaurant tape à l'œil très éclairé que je n'apprécie pas beaucoup et je me sens d'humeur maussade ; je lui dis que j'aurais préféré manger dans un restaurant russe. Dans mon assiette sont disposés des petits fours qui ne sont pas très appétissants : ils ressemblent à des coquilles d'escargot fourrées de pain de mie trempé de beurre à l'ail. Je sais que si je mange cela je vais avoir mal au ventre toute la soirée. Ma voisine qui est en fait ma tante N. me demande si elle peut prendre ma part, je glisse le contenu de mon assiette dans la sienne. Un temps.

3è acte.

Un homme masqué entre dans la salle et s'approche de notre table, il dérange tout le monde pour s'assoir à côté de moi et je me sens très mal, complétement tétanisée. Lorsqu'il parle, sa voix est fluette comme celle d'un enfant et je me dis que quelque chose ne colle pas du tout avec le personnage. J'ai envie de me moquer de lui. Soudain il se lève, me tire par le bras et s'exclame : "Au nom du roi je vous enlève", et il continue à me tirer vers la sortie. Je ne peux pas bouger, mes bras sont devenus comme de larges ailes de cygne que je n'arrive pas à ressentir et à contrôler ; au bout de mes mains, mes ongles sont très longs : au moins dix centimètres et ils sont vernis de noir. Je me sens très mal car je ne me souviens pas m'être appliqué du vernis. Dehors, un carrosse est stationné et l'inconnu me pousse dedans et claque la porte, je me retrouve dans le noir complet. Je me réveille.



Nouméa, rêve du 06/08/2012